Le mildew littéraire
Par Magson de Pazou le jeudi, juin 10 2010, 18:11 - Teslaticules - Lien permanent
J'ai investi dans ce siècle en pure perte
Il aurait dû être spirituel, me dit-on
Méditons sur ces sacs de sperme
Qui se disent hommes de lettres,
Je ne vois que des faibles,
Et beaucoup trop de nègres dans les maisons d'édition
L'érudition n'est pas mon fort
J'ai toujours regardé le monde de ma fenêtre
Immonde et à la sellette,
Mon verbe ne relève pas de leur juridiction
Ils disent qu'elle vient des ténèbres
Je comprends leur mal-être
Je n'ai pas eu à naître pour paître, c'est commun
Ma particule, je la tire de mes testicules
C'est certain !
Je n'ai pas eu à tuer le père
Car il était déjà parti
Hériter de quelques pierres
Car elles n'étaient jamais serties
J'ai pris ce qu'il y' avait
Fait ce qu'il fallait
Et à la sortie,
J'ai vu ce que je valais
Devant ces feuilles mortes
Le talent éclot même dans les orties
Passez-moi de la coumarine
Que je déloge ces rats des villes
Leur littérature m'assassine
J'en ai marre de ces rats des livres
Qui croient comprendre la rue
Parce qu'ils ont lu l'étranger de Camus
Qui doivent connaître ma vie
Parce qu'ils ont été en safari au Mali
Certains se chient dessus, comme d'hab
Et oublient toujours de se torcher le cavu
En France, plagiat rime avec caviar
On encense les plus connus des nuls
L'indécence est moins condamnable
Que la prose de ces hurluberlus
J'ai dû faire un choix,
J'étais bon dans le prétoire
Juste dans mon répertoire
J'ai lu mes contemporains
Et foiré ma plaidoirie
J'en suis revenu,
Depuis, j'ai retenu
La leçon et gravé un second
Fusil à pompe sur mes armoiries
Dans cette jungle littéraire,
J'ai vu peu de dos argentés
Trop de buses ensanglantés
Faute de qualités réelles
La plupart sont atteints de parkinson
Et pensent écrire,
On leur a dit qu'ils étaient écrivains
On leur a dit qu'ils étaient des tribuns
Ils y ont cru, sans se relire
Mais l'histoire se chargera d'ignorer ces cris vains
Le niveau est trop bas
Les meilleurs, en trauma
Victimes de petites bites et de gros bras
Un stylo, un style,
Et seuls à la tête du combat
J'ai regardé le milieu
Triste est le constat
Magson de Pazou