Négrotrip (slam)
Par Tesla Le facteur le jeudi, janvier 7 2010, 00:34 - Slams - Lien permanent
A chaque strophe, j'étoffe
Mon style comme Strauss,
File mon époque
Pour mieux enfiler le monde
501 raisons d'être une légende,
Aucune de finir sur une étiquette de Lee,
Béni soit Levi
Ce ponte qui est au denim
Ce qu' Alexandre
Est à la stratégie
Une référence,
Je veux l'être par mes écrits
Je veux naître dans les vers
Et mes cris, des pont-levis
Entre ton ghetto et les hommes
Entre mes négros et leurs nervis
Mes douves jonchées de décombres,
D'ennemis beaucoup trop médiocres
Je suis mal desservi par mon époque,
Les sophistes et leurs apôtres
A l'opprobre, déjà, j'ai survécu
A douze piges, la pisse sur le froc
Ma dignité à l'ombre,
J'ai séché mon lit au soleil
Sur des BD de Marvel,
Les abeilles ont savouré mes urines
J'ai pris goût au miel
Depuis, la gelée est toxique pour la ruche
Dans la rue, ça parle de Delarue, de la ville
Des ennuis du P'tit, à Plus belle la vie
ça marine sur l'actu à l'envi
Les grosses fondent sur les laitues
Les moches sur les lentilles
A mon avis,... Tout ça se paie à l'anus
Elles n'auront plus besoin de pq
Car les sans-papiers retournent en Afrique
Les putes vendent leurs Trafic
Aux Ch'ti qui vendent des frites aux p'tits
Qui se pendent sur mes écrits
Ma rime pue, frérot
Marines dessus
Car depuis peu, je m'ennuie
Du pécule, il m'en faut
Car ma tubercule n'enfle plus
Elle effraie tout au plus les femmes à lunettes,
Avalent les allumettes, enflamment les billets
Froissent les cœurs et brisent leurs sucettes
Si je devais tuer toutes celles
Qui m'ont envoyées paître
Je serais prêtre
Ou éleveur de pucelles
Ti Mal,
Il ne suffit pas de mettre des ailerons
Sur ta Logan pour être un requin
Devant un mannequin, les mecs paradent,
Calvities au vent, se croient princes dans des harlequin
Divaguent comme des mongoliens sous heineken
Et s'étonnent de ne jamais caine
Devenus hommes à hommes
Au lieu d'être durs dans la femme
Ils se shootent à la testostérone
Pour déclarer leurs flammes
Négro,
Je me contenterais d'un Pilot
Pour expier mes colères
Faire rimer l'abject avec l’affect
A chaque vers, ça vibre
Tu accroches à mes stimuli
Le premier coup plait tant quand tu niques
C'est l'effet que procure mon verbe quand tu me lis
Mes couplets sont uniques
Contrairement à la vie,
Cette tunique qui va si bien aux eunuques
Mes textes ne font pas de victimes,
Ce sont les juges
Et les couturiers,
Négro, je suis ordurier
Traîne mon mal-être derrière vous
A évaluer vos merdes comme un usurier
J'annonce les tracas,
Vous avez le droit de m'injurier
Certains vivent d'ailleurs pencher
A force de laver mes pataugas
Avec leurs baves
Je patauge dans la merde
Comme en quatorze dans les tranchées
Des poilus ont survécu et se plaisent en dames
Les femmes parlent aux femmes et les hommes s'en parlent
A St-Trop, rases ta moustache si tu veux faire gendarme
Je raserais volontiers les cheveux gominés
De Drogba s'il se prenait la tête à cogiter
Frérot,
L'heure est au combat, à la sédition
Dans les palais, ça sent la reddition
Les benêts se battent à coups de pétition
Et les politiques prennent des cours de répétition
Pour parler en public
Petit,
Joues avec ta queue
Et laisses moi jouer avec les mots
A chaque missive de mes détracteurs,
J'opère une mission homo
Certains épongent leurs pertes jaunâtres
Sur des feuilles blanches qu'ils appellent Roman,
Je connais le topo, j'ai lu le dernier Christine Angot
Ma ire est en vente dans toutes les mauvaises librairies
Depuis que les bonnes exposent des merdes,
J'ai arrêté le lèche-latrines,
Gad El Maleh rit des blagues de ses spectateurs
Les critiques en extase encensent sa plume
C'est con à dire mais à Paris,
Le soleil se lève à l'ouest et se couche sur la connerie
C'est dur d'être un turbo comme Nabe
Quand on a des fuites dans le cerveau,
Ranges ton Opinel, connard
Tu es sur le silo de mon missile Chahab
Celui où j'ai gravé Je t'encule en persan
Nous sommes perdus,
Dans cette réalité contrariée
Comme Vic McKay, je suis
Marié au vice par la vertu
Et tu peux facilement parier
Sur l'issue de mes problèmes
Les hommes me tressent des couronnes de chrysanthèmes
Leurs bêtises infinies me poussant
A ne jamais faire l'économie de poèmes
C'est ainsi. C'est mon négrotrip, poussin
Laves ton slip et prends-en de la graine.