Survivre à la garde à vue
Par Tesla Le facteur le vendredi, janvier 1 2010, 16:42 - A la une - Lien permanent
[Prélude
http://www.youtube.com/watch?v=E-1VUm1mwFk]
1. N'essayez pas d'être naturel, vous n'y arriverez pas.
Alors, enfermez votre esprit dans des images personnelles et laissez filer.
2. Dites que vous n'avez rien à déclarer et demandez toujours un avocat et un médecin.
C'est la loi. N'ayez pas peur de l'exiger en précisant dès le début que vous avez des problèmes cardiaques. Normalement, la seule cause de mort naturelle dans un commissariat est la crise cardiaque. Un stress trop important peut causer des infarctus. Donc, si vous avez des problèmes cardiaques, signalez-le. Si vous n'en avez pas, signalez-le quand même. On a vu des jeunes arabes mourir de crise cardiaque au contact des flics. Le stress sans doute !
3. Préparez-vous mentalement à essuyer des injures, des paroles blessantes ; sur vous, votre intelligence, votre sexualité, votre race, voire des coups.
Dites-vous que c'est votre pisseuse qui fait sa crise d'adolescence et laissez couler.
4. Faites des réponses courtes, claires et rationnelles.
A moins d'être très aguerri, il est impossible de ne pas répondre aux questions. Évitez les Je crois que, Je pense que, J'imagine que, On m'a dit que...
A la remarque très commune : les coupables disent toujours qu'ils sont innocents. Répondez-leur par : Et les innocents ?
Si vous ne savez pas, vous ne savez pas. C'est aux flics de rechercher la vérité, pas à vous. Toute suggestion de votre part vous enfonce.
5. Fonctionnez comme un mongolien; répétez les mêmes réponses indéfiniment sans vous énerver.
C'est un jeu. Essayez de compter le nombre de fois que reviennent les mêmes questions, cela focalisera votre esprit sur un autre sujet.
6. Soyez courtois, sournois et réfléchi, cela ne fait pas de vous un coupable.
La tendresse est à proscrire définitivement. De toute façon, que vous parliez ou pas, vous êtes suspect. Alors, autant réserver son énergie pour le juge.
7. Si l'on vous frappe ou si vous vous estimez en danger physiquement, chiez sur vous !
N'ayez pas honte de le faire, c'est original et très efficace. Cela va incommoder tout le monde et perturber vos interrogateurs. Soit ils vous renvoient dans votre geôle, soit ils vous aident à vous nettoyer. Dans les deux cas, vous gagnez du temps. Lorsque vous êtes en présence de votre avocat, racontez tout ce que vous avez subi et n'hésitez pas à porter plainte. Dans la plupart des cas, ce sera classé mais vous aurez au moins le plaisir d'avoir osé.
8. Refusez de manger ou de boire.
Vous pouvez survivre à 48 heures de garde à vue sans vous sustenter. Ce que vous ingurgitez, vous le restituerez tôt ou tard. Au moment venu, cela devient un moyen de pression très efficace. Considérez la garde à vue comme un rite initiatique.
9. S'ils prolongent la garde à vue, c'est bon signe, ils n'ont rien.
Remettez le chronomètre à zéro et ne vous plaignez pas.
10. Laissez les flics parler, ils adorent cela.
11. A chaque occasion donnée, dormez ! Le sommeil est réparateur.
12. Ne désamorcez jamais les conflits avec les flics, ce n'est pas dans votre intérêt.
Ils le feront à votre place. Ils ont besoin de vous parler.
13. Dites-vous que le seul qui peut vous sortir de cet enfer, ce n'est ni votre avocat, ni l'interrogateur, ni le bon sens, ni Dieu. C'est le juge.
14. Relisez systématiquement les procès-verbaux.
Si vous n'êtes pas d'accord avec les retranscriptions, ne signez pas. Profitez-en pour corriger les fautes, cela vous remettra du baume au cœur.
15. Si vous faites exactement le contraire de tout ce que je vous ai dit, cela n'est pas si grave, puisque vous êtes innocent.
Magson de Pazou