Radioscopie du rap français
Par Tesla Le facteur le mardi, décembre 22 2009, 16:05 - Société - Lien permanent
[Prélude
http://www.dailymotion.com/video/x337kn_jacques-brel-avec-%C3%A9l%C3%A9gance_music]
** Paroles prises sur www.lyrics-copy.com et www.paroles-musique.com
http://www.youtube.com/watch?v=XaNgKTwZf2I
Le dîner - Benabar - Album: Reprise des Négociations
J'veux pas y aller à ce dîner, j'ai pas l'moral,
j'suis fatigué, ils nous en voudront pas, allez on n'y va pas.
En plus, faut que je fasse un régime, ma chemise me boudine,
j'ai l'air d'une chipolata, je peux pas sortir comme ça.
Ça n'a rien à voir, je les aime bien, tes amis,
mais je veux pas les voir parce que j'ai pas envie.
...
C’est avec des bouses pareilles que ce chanteur a vendu 450000 disques. Une arnaque. Une succession de rimes pauvres, nulles, sans fonds, sans forme, rien sinon une glaire purulente et visqueuse pour bobos niais, imbéciles et parisiens. Ne cherchez surtout pas de messages, vous pourriez avoir des crampes de cerveau.
Et il se trouve encore des caresse-anus pour saluer la qualité stylistique et le raffinement textuel de ce papotage laxatif. Quitte à s’extasier sur de telles incontinences artistiques, autant vénérer Patrick Sébastien. Lui au moins n’a aucune prétention.
http://www.youtube.com/watch?v=9nOYviJqBAI
Tourner les serviettes - Patrick Sébastien - Album : Magic Sébastien
On n'est pas allé à l'école
On est de la classe de ceux qui rigolent
On sait bien que la vie est brève
On y met du rire et du rêve
Dans les dîners en ville on n'est pas très brillants
Mais on finit toujours en chantant
...
Contrairement au rap qui a érigé le texte au-dessus de tout, surtout de la mélodie, cet habillage parfois astucieux qui sert à masquer le vide intellectuel de pathétiques parasites étêtés qu’on nomme chanteurs de variétés. Chanteurs de pop music ! Pop stars, mon cul, ouais !
http://www.youtube.com/watch?v=osEAh7SwOQw
Rue des étoiles - Grégoire - Album: Toi + moi
Allô, là, je suis dans le bus
Le quarante et un, pour Vénus
Celui qui va jusqu'à Mercure
J'ai pas pris la ligne vingt et une
Y avait trop de monde sur la Lune
Il fallait descendre à l'Azur
Et toi, où es-tu dans l'espace ?
Attends, je n'entends plus, je passe
Dans un tunnel d'astéroïdes
Tu disais, avant le trou noir
Que tu n'irais pas voir, ce soir
Ta sœur et son mari trop ivre
On pourrait se rejoindre
J'ai des rêves à te peindre
...
Et ils veulent que l’on se prosterne devant ces âneries ?
Ces crétins en sont convaincus : le rap, c’est de la merde ! Des ânonnements de chimpanzés échappés de Bamboulie essayant vainement d’intéresser la tribu avec leurs démarches chaloupées, leurs cris et leurs petits bobos de bonobos mal éduqués.
http://www.youtube.com/watch?v=4a5Loy3lLf0
Je dis Aime - -M- - Album: Je dis Aime
J'ai les méninges nomades
J'ai le miroir maussade
Tantôt mobile
Tantôt tranquille
Je moissonne sans bousculade
Je dis Aime
Et je le sème
Sur ma planète
Je dis M
Comme un emblème
La haine je la jette
Je dis AIME, AIME, AIME
...
A la lecture de ces mièvreries, je suis d'accord : je préfère vraiment rester dans ma jungle plutôt que de vivre dans ce cirque médiatique avec quelques bananes, quelques guenons mal fagotées et ces textes imbuvables.
D'ailleurs, c'est ce qu’est devenu le rap, à mon plus grand désespoir.
Il s’est perdu dans le divertissement. Mais, même dans sa texture actuelle, il est bien meilleur que la guimauve musicale qui jonche la scène française depuis si longtemps.
http://www.youtube.com/watch?v=5XRAfVAgMyk
Où s'en vont les avions ? - Julien Clerc - Album : Où s'en vont les avions ?
...
Où t'en vas-tu matelot
Quand les bateaux
S'en vont sur l'eau ?
Où vont tes rires ?
Où vont tes yeux perdus de bleu ?
Où va l'oiseau du paradis
Sans une ombre, sans un souci ?
Où va la vie si tu me quittes ?
Où va ton reflet dans la vitre
Qui me donne le mal du pays ?
…
A la bibliothèque, Julien ! A la bibliothèque !
C'est toi qui corrompt les esprits des français avec tes niaiseries. Il est indécent de demander à des jeunes, en l'occurrence des banlieusards d’écouter ça ! Soyons sérieux !
Du haut de votre pureté artistique, permettez à la jeunesse de se faire dans la contestation, la détestation, l'outrecuidance, la démesure, l'excès qui la caractérise au lieu de vouloir imposer vos comptines de grabataires bien pensants et médisants. Ce verbiage enfantin, ces rédactions de 6e, ce romantisme crétinisant, ces litanies de paroles puériles, futiles, stupides de sous-écrivaillons ; ce contingent de paresseux, cette déferlante de parasites, ce ruissellement ininterrompu de benêts jacassants, ces culturistes du stylo*, ces génocidaires de gommes et Blanco, ces porte-drapeaux de l'imbécilité, cette sécheresse intellectuelle. Ils appellent ça l'élite. J'appelle ça la lie.
Tous ces soixante-huitards drogués, creux, écoutant des musiques psychédéliques à la con, sont devenus d’excellents rottweilers de la pensée balisée, trouvant malencontreux que le rap, cette musique de dégénérés, ne soit pas banni de leurs univers chastes et progressifs. Ils préfèrent Christophe "La tortue" Willem.
http://www.youtube.com/watch?v=gnkjUBtmW2w
La Tortue - Christophe Willem - Album : Inventaire
On m’appelle la tortue
Et je commence à m’habituer
Peut-être pour mon dos courbé
Ou ma bouche ou je ne sais
Qu’on m’appelle la tortue mais
Ce n’est pas pour se moquer
Ni pour me torturer
Que je suis ainsi surnommé
...
Bien !
J’étais parti pour défendre le rap, j’ai fini par me résoudre à le remettre en question et attaquer ses concurrents notamment la variété actuelle, ces merdes qu’on nous expose comme des monuments artistiques alors que leur verbe côtoie étroitement le caniveau, de chétives missiles de gamines énamourées de retour de vacances du camping de Ramatuelle. Et encore !
http://www.youtube.com/watch?v=AEnUyJUFTEk
Malheureux - Anaïs - Album: The Love Album
Quelle belle soirée ! Et ces feux !
Je t'aime tant, mon amoureux,
Ça tonne, ah, la belle bleue !
Mais je te sens malheureux
Inquiétant comme une nuit sans lune
Ah ! Je te sens malheureux
Quelles sont les raisons, dis-m'en juste une
Est-ce moi qui te rends malheureux ?
...
Avant, je pensais qu'elle avait de belles grosses fesses. J'ai découvert qu'elle n'avait que de belles grosses fesses. C'est con !
Malheureusement, le marché a eu raison de la virulence du rap. J’en écoute de moins en moins. Je me réfugie auprès d’artistes déjà identifiés comme La Rumeur. Je laisse échapper d’autres comme Rohff, plombé dans une expression commerciale faisant encore jouer quelques vers étriqués, mais ne transcendant plus personne. Comme la plupart des fondus, je ne m’y reconnais plus. J’ai probablement vite grandi. Je ne suis plus le mouvement depuis que le R’n’B, cette vomissure mélodique acidulée et crasse, sert de perce-muraille pour atteindre cette masse abrutie et fortunée.
Je peux entendre les grognements de ces roquets lorsqu’ils s’affligent des mélodies stéréotypées, des paroles inaudibles, du flow et des samples qui laisseraient l'inculte pantois.
Entendez aussi ma répugnance à être captiver par les antiennes faiblardes de McCartney, le pigeon adoré des bobos parigo branchouilles à la noix.
Si ces caresse-anus avaient un peu de respect pour leur auditoire, ils se laveraient les mains au Synthol avant de professer sur les scarabées. Vous savez, ces insectes réputés pour leur coprophagie. Certains les appellent les bousiers sacrés. D'autres les Beatles.
http://www.youtube.com/watch?v=8xJ8W-zsqi8
Drive My Car - Beattles - Album: Rubber Soul
J'ai demandé à une fille ce qu'elle veut être
elle a dit, bébé, ne peux-tu pas voir?
je veux être célèbre, une star de la télé
Mais tu peux faire quelque chose entre les deux
Bébé, tu peux conduire ma voiture
Oui, je vais être une star
Bébé, tu peux conduire ma voiture et peut-être que je t'aimerais
J'ai dit à cette fille que mes intentions étaient bonnes
Et elle a dit, bébé, c'est compris
Travailler pour des cacahuètes c'est très bien
Mais je peux te montrer quelque chose de mieux
Bébé, tu peux conduire ma voiture
Oui, je vais être une star
Bébé, tu peux conduire ma voiture et peut-être que je t'aimerais
Beep, beep
beep, beep, yeah
...
Dire que des connasses ont perdu leur virginité sur ça et trouvent le rap vulvaire !
Nous devrions être extatiques devant le génie poétique, le 63ème degré sans doute.
Ils lui reprochent son chant particulier et son absence de mélodies. C’est bien connu que le tombeau Delerm nous abreuve de mélodies finement ciselées à chacune de ses constipations sonores.
Le flow est un constituant essentiel du rap comme le manche l’est du rateau. C’est le pré-requis pour tout rappeur d’avoir une identité de chant, une intonation, un rythme ou flow reconnaissable. Un peu comme les braillements de Johnny.
Schizophrénique de célébrer avec autant de ferveur, l’américanisme caricatural de Johnny, Dick Rivers ou Eddy Mitchell et de répudier avec autant de dégoût l’américanisme caricatural des rappeurs banlieusards.
Si la France avait laissé une trace dans la musique mondiale, ça se saurait. Seuls de très rares poètes subsistent ça et là dans l'imaginaire collectif à l'étranger pour ne pas dire dans la communauté française à l'étranger. On se rappelle parfois de quelques vers, d'une époque. La France a toujours importé sa musique et la seule spécificité que l’on peut lui reconnaître est la qualité littéraire de certains remarquables chansonniers.
Les rappeurs en sont les dignes héritiers, n'en déplaise à l'agora. Ce qui m'interpelle de suite, c'est le fait que Céline soit enfin reconnu et acclamé. J'espère que vous n'attendrez pas la mort de Booba pour saluer et introniser sa poésie. Si vous la parcouriez, vous en seriez fiers. Crétins !
Aujourd’hui, on sanctuarise la French Touch, des platitudes sonores ou mélodiques de DJ français (terme issu du rap) mixant des sons (samples comme le rap) d’autres illustres répertoires musicaux, avec un minimalisme des textes, toujours en anglais, pour glorifier la fête, les fesses et le stupre (comme les clips de rap).
Le legs de la culture musicale française au monde : la French Touch; la version française à la musique anglaise !
http://www.youtube.com/watch?v=beGjncfEPt8
Love is gone - David Guetta - Album: Pop Life
What are we supposed to do
After all that we've been through
When everything that felt so right is wrong
Now that the love is gone ?
love is gone
...
La French Touch ! Ils sont prêts à tout accepter tant que ce n’est pas du rap. Pauvres crétins !
Que le rap ne s’appuie pas sur la mélodie n’est que chose normale vu son histoire. C’est un art de la rue et non des châteaux de la Loire avec des snobinards en Lacoste qui jouent au piano debout. C’est de là qu’il puise son identité et donc, ses précurseurs manquaient de solfège et d'instruments pour habiller leur musique.
Par contre, ils avaient un cerveau pour sublimer leur quotidien et le texte a par conséquent assis sa prépondérance sur le bruitage.
Le rap, c’est le verbe et le flow. Le trop peu de mélodies, les samples ou détournements de mélodies d’autres genres musicaux ne sont là que pour souligner le texte. Jamais pour le masquer. Grossièrement, la mélodie, on s’en fout un peu. Enfin, on s’en foutait un peu.
La France est un pays qui a une vraie tradition d’amour du texte, de grands paroliers dont la décence ne voudrait surtout pas que j’associe leurs noms à ces plumitifs j’ai nommé la nouvelle chanson française.
http://www.youtube.com/watch?v=qkFdLToPR_k
Elastique - Charlotte Gainsbourg - Album: Charlotte for ever
élastique
gimmicks
je te réplique
du tac tac au tic
quand certains jours pour moi ça rigole pas des masses
devant ma glace
je me fais des grimaces
élastique
des gimmicks
un peu comme Mick
Jagger que je trouve comique
Elastique
Gimmicks
Informatique
Sur l'amour file-moi ta doc
...
Je ne peux pas. Désolé, j'ai encore un cerveau !
Depuis 10 ans, le rap se prostitue honteusement pour se faire une place de choix dans le marché. Les textes s’étiolent, les flows s’homogénéisent, la mélodie sirupeuse prend le pas. La typologie très politisée du rap français s’acidule dans les attentes étriquées de cette masse de blancs qui, pour l'accepter, veulent d’abord l'assimiler.
Le rap se blanchit pour séduire. Et perd son identité au profit d’une standardisation abrutissante, peu audible car pourvue d’un message uniforme : la glorification de l’inutile, du superflu, de la vanité.
Vous aurez dû rester droit devant la caillasse. Il a fallu que vous vous baissiez. La conséquence est aujourd’hui patente ; Diam’s, Célia, Sinik, Kenza, Sheryfa Luna, Shy'm, Léa Castel, Kenza Farah, Melissa M, Laure Milan, Vitaa, Tante Yvonne, Une patate, Une chèvre… trustent le haut de l’affiche.
Le rap est mort le jour où Eminem a vendu plus d’albums que Snoop Dogg. En mettant des blancs en têtes de gondole, le système l’a vidé de sa subversion, de son originalité pour en faire de vulgaires articles vendus en magasins entre des couches Pampers et des clés USB.
Tant qu’il n’était que de la musique de négros pour négros, il n’intéressait personne et conservait toutes ses vertus. Dans cette marginalité, la contestation était loi et le texte se devait d’être revendicatif, accusateur, blasphématoire, vindicatif, violent…subversif et de qualité. D’où l’émergence de NTM, la Scred Connexion, Fabe, Assassin, Le Ministère, La FF, La rumeur… qui fondent entre autres pionniers, ce rap qu’on aime tant.
Puis, il a fallu toucher la masse. Le début de la fin. Probablement 2000. Avec Eminem. Un blanc s’est mis à raconter ses délires et le petit Nicolas, Matthieu et Benoît se sont reconnus. Acclamé et reconnu. A juste titre d’ailleurs. Enfin assimilé. Faites tourner les rotatives, ça plait aux petits blancs.
A chaque fois qu’un art négroïde s’est fait récupérer par des blancs, il s’est vidé de sa substance. Je ne vous apprends rien. Le contraire est difficile à prouver. James Brown a popularisé le funk et a su garder ses racines noires américaines. Il est mort. Michael Jackson est devenu blanc. Il vend. Il est vivant.
Le noir doit devenir blanc pour vendre. Il semblerait qu’Elvis ait fondé le rock and roll, sur le corps agonisant du blues des ghettos noirs de Memphis et d'Atlanta. Il est aujourd’hui le roi du rock. Michael a fini par devenir le roi de la pop après moultes opérations chirurgicales et son vitiligo. Eminem, le régent du rap pour l’instant.
A une moindre échelle, cela explique assez facilement l’émergence et la prépondérance de Diam’s et son pendant masculin Sinik en France.
Les indiens seraient bien lunés de faire éclore et starifié une ou un acteur blanc à Bollywood pour que leur musique soit reconnu à Paris.
Il faut vendre et la caillasse est détenue par les populations blanches, me diriez-vous. Mais j’ai plutôt la sensation d’assister à un white washing de toute la scène musicale. Bien sûr, ils ou elles ont du talent, ont travaillé pour y arriver et méritent sans doute leurs reconnaissances. Il s'agit de s'interroger sur cette tendance à la récupération.
Du rap de blancs, ce n’est pas du rap, c’est de la soupe. Du blues de blancs, ce n’est pas du blues, c’est de la technique. Du reggae de blancs, ce n’est pas du reggae, c’est du comique.
Comment interprétez-vous le succès de chanteuses jazzy comme Melody Gardot, Anastacia, Norah Jones, Diana Krall, la droguée anglaise... ? Et surtout, que reste-t-il du jazz ? Que reste-t-il des noirs qui font du jazz ?
Que seraient ces opéras italiens s’ils étaient chantés par des ténors noirs ? Que diraient ces vieux gâteux si toutes les têtes d’affiche de leurs orchestres philharmoniques étaient des chinois ?
D’ici peu, Jeff Koons moulera des statuettes africaines, roses de préférence, et on saluera sa créativité avec quelques billets de 500 et une expo à Versailles. Subversif !
Ce white washing généralisé, qui veut que les blancs achètent des produits massivement quand ils ont un blanc en tête d'affiche, devrait nous questionner sur notre création.
La primauté des blancs dans le rap annonce sa disparition et prépare la naissance d’une variété nouvelle, sans doute plus textuelle, mais une pop music fade, consumériste et idiote.
Vous rappelez-vous seulement de tous ces clips de jeunes femmes noires, si blanches, qui se trémoussent sans cesse et nous gavent de leurs refrains aguicheurs, à la gloire de la luxure, de l’amour et des oiseaux ?
Je me suis arrêté à Foxy Brown. Ces femmes et ces blancs sont les têtes de pont de la déchéance du rap. Rendre au rap ses lettres de noblesse, c’est retourner à l’écriture politisée, à la noirceur. La contestation. Sur la scène actuelle, quelles remontées pestilentielles de fonds de latrines mal récurés un lendemain de fête de la bière bavaroise ! Il faudrait tirer la chasse. Le rap sans contestation, c’est comme une pute sans nichons, ça fait bander les travelos.
Quand on pense qu’il n’y a plus que les arabes qui meurent de crise cardiaque lorsqu’ils sont embarqués manu militari par les forces de l’ordre et qu’on nous livre ça !
http://www.youtube.com/watch?v=YcadgkDdJu0
Dingue, dingue, dingue - Christophe Maé - Album: Dingue, dingue, dingue
Je sais qu'on revient pas en arrière
Et que tu ne reviendras pas non plus
Mais si tu changeais d'avis quand-même
J'te jure que tu ne serais pas déçue
J'ferais des efforts vestimentaires
Je rentrerais à l'heure prévue
On passerait les dimanche à la mer
Comme on faisait au tout début
Alors laisses-toi faire
Et laisses-moi faire
Oui laisses-moi faire
Je saurai faire
…
Mohamed Boukrourou, reposes en paix !
Et au lieu de s’interroger sur ce qui fait encore l’identité de la chanson française, ces crétins en sont réduits à huer le seul genre musical qui a fait du texte le fondement de son style.
J’ai essayé de comprendre pourquoi tant d’aversions. Du snobisme sans doute ! De l’ignorance très certainement. Il leur est devenu facile de le combattre puisque n’importe quoi fait du rap et se réclame du rap. Qui ira vérifier ? Les professionnels du commentaire en sont réduits à vivre dans les années 70 pour arriver péniblement à avaler la bouillie indigeste que la chanson française leur sert toutes les semaines.
http://www.youtube.com/watch?v=mZXCNjN3Vas
Totem - Zazie - Album: Totem
Le pied, La jambe
L'esquisse, La cuisse
Un bras de fer
Un cœur de pierre
Mes mains sur lui s'abîment
Mes mains qui saignent
Dressées comme un totem.
Je sculpte, Je taille
J'invente cet homme
Qui m'aime, Qui m'aime
...
C'est probablement ça le talent !
La masse grégaire a apprécié le rap quand les blancs y sont venus et les succès d’Eminem, de Diam’s, des Henri-Jean des Quatre Mille et autres fanfreluches du même acabit, sont là pour attester de ces faits. Tant que le rap était corseté dans la banlieue, les négros, les rebeus, les dalleux faméliques, la marmaille le trouvait proprement insoluble à l’idéal républicain.
Aujourd’hui, Diam’s tient le micro, cumulant toutes les tares létales pour disparaître dans ce milieu ; femme et blanche.
Elle vend. Énormément.
Et vous ? Vous, mes dalleux, vous vendez ? Non ! Vous faites la queue pour passer sur Skyrock. D'ici peu, vous ne la ferez plus, vous la tiendrez. Achetez des sucettes, ça fera passer le goût !
En définitive, pour moi, la chanson, c’est d’abord le texte, ensuite le texte, enfin le texte. C’est une définition assez restrictive, je le consens. C’est une bonne définition.
http://www.dailymotion.com/video/x5p1lb_lunatic-hlm-3_music
HLM 3 - Lunatic - Album : Mauvais oeil
Qu'ça soit clair
Si j'rappe c'est 1 pour la rue 2 et 3 pour la maille, frère
T'attends pas à m'voir faire
Le pantin
Sur scène laisses ça aux putains.
Avance de façon obscène,
Du matin jusqu'au soir, 9 zedou Hauts d'Seine.
Traîne dans mes Stan Smith blanches,
Avec les rabzas reunois d'ma branche.
Marche en silence toujours à penser,
Peu d'argent donc peu d'dépenses,
Quand tu comprends ça, pour eux c'est niqué.
J'amène ma stricte réalité
D'Issy décor mon secteur
Jusqu'à ton ghetto blaster, ton poste récepteur.
J'te rappelle juste qu'j'aime pas les flics, qu'j'aime pas les blonds borgnes,
Qu'j'aime pas les matons, attends j'en place un pour les frères au bagne.
Donc j'te disais j'aime pas les sourires trop aiguisés
Qu'j'aime pas les juges, les procureurs leur jeu truqué depuis l'Élysée.
Analyse mes textes, canalise
Mes nerfs, maintien positive mon énergie,
Booba mon double ou moi l'sien
Et la force se multiplie.
J'kiffe les bizness illégaux
La sape, les caisses et les gos
Smoker des gros bouts d'shit après j'ai l'groove grave
Bédave, sexe, pillave sec dans mon clan
C.L.A.N j'peux pas faire mieux qu'mon rap de banlieue
J'rappe comme j'cause, haine à grosse dose,
La rage comme guide et c'est pour ça qu'j'parle toujours des mêmes choses,
Tchatche de la zone, prône la guerre aux autres hommes
Ceux qui parlent trop mal, chope et hop sous l'trôme
J'aime la grande vie
C'est la merde, mais j'l'aime car c'est la mienne
Y a pas de bonheur sans problèmes
Réveil impulsif, j'roule un spliff de skunk,
Et j'kick sur un beat de funk
Pas de lyrics de fils de pute,
Insolent même sur mes bulletins,
Cousin, j'suis l'bitume avec une plume
Faut qu'j'passe au plan B
Veulent diviser mon peuple en deux
L'an 2, j'attends ça depuis le landau.
...
...
Magson de Pazou