Les mots me manquent
Par Magson de Pazou le vendredi, décembre 11 2009, 02:33 - Teslaticules - Lien permanent
Grand-mère, Grande mer
Puits d’aisance et de gentillesse
Présence coutumière,
Antre de finesse
Je n’ai pas pleuré
Je n’ai pas pu
Aucune larme n’est apparue
Seules des images ont affleuré
Et le temps n’efface rien
Surtout pas les tourments
Grand-mère, je te souviens
Et je suis encore gourmand
De ces instants évanouis
De ton sourire épanoui
Grand-mère, tu n’es pas morte
J'ai juste fermé la porte
Il faut que tu te reposes
Tu le mérites tant
Longue sera cette pause
Alors profites-en
Laisses-toi guider par ton fils
Il est si bien au ciel
Je sais que tu meurs d'envie
De lui prodiguer tes conseils
Un grand homme
Comme j'en ai peu connu
Un grand oncle
Que j'ai parfois honni
Papa André, Mon fils, entrez !
Comment allez-vous ?
Bienvenue sous mon toit
On se tutoie?
Ce seraient les mots de Jéhovah
A ton arrivée
Tu as toujours cherché Sa voie
Tu es dans Sa propriété privée
Depuis ton départ,
Je repense ta présence
Pluie de reconnaissances
Et je m'enfonce dans le brouillard
En confiance, je marche dans tes pas
Car ce sont les seuls qui me suffisent
Tu as toujours été là
Tes déchirements me traumatisent
Comme je meurs de honte
Devant toutes mes lâchetés
Je m'en tire à bon compte
Comment pourrais-je me racheter?
Tes colères me rapetissent
Devant tant d'injustices
Tu as brandi ton sabre
Comment aurais-je pu rester de marbre
Avec un tel exemple ?
Fier de ce que je suis devenu
Comme je te ressemble
Tes leçons sont retenues
Car tu me les as bien apprises
Tu as été un père pour moi
Je m'en rends compte à 28 piges
Exit André, bienvenue papa
Maman Justine,
Mère, Je t'aime tellement
Ich liebe dich
Je te le crie volontiers en allemand
Que tu mesures mon affliction
Comme je mesure ton absence
Que tu ressentes mon affection
Comme je ressens ton silence
Je n'ai pas tenu mes promesses
Je le confesse
Tu es partie si vite, si seule,si mal
Malade, en agonie à l'hôpital
Et aujourd'hui s'écoulent enfin
Les larmes de mon abandon
Mère, je te demande pardon
Je n'ai pas changé
Je me suis arrangé
Pour être grand
Trop vite dans ce costume
Désormais, j'étouffe
Et je te l'avoue,
Mon cri d'amour est posthume
Comme je le regrette
Je t'aime, Maman Justine
Je vous aurais dit des choses
Si le temps était imparti
Il aurait fallu que j'ose
Mais depuis que vous êtes partis
Les mots me manquent
Les cris me manquent
Les pleurs me manquent
Les rires me manquent
Un jour, je tiendrai debout
Je veux l'être avec vous
Je peux l’être malgré tout
Je veux naître avec vous
Freluquet