[Prélude

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A ma bite défendante,
J’ai dû me sculpter un corps d’athlète
Je ne peux me permettre d’être énorme partout

Ma maison demeure obstinément noire.
Difficile d’avoir Monica sous la table
Comme Bill, je ne suis pas affable
Trop usé mes panards sur le trottoir.

Ma tronche m’accable et sur les sentiers de la gloire
Sont pavées mes basses œuvres, macabres
Alors, je change de visage, histoire de garder ma place
Et combattre les ravages du temps qui passe,
Du temps qui lasse

Mes traits, souffrir de vieillir, de pâlir
A l’orée de la vie, la chirurgie a des attraits
Doré est mon âge, je vous sais gré de me laisser encore le temps de luire
Je mourrais jeune et sur les agrets
Jouir ou cronir, tel est le dilemme


Et merde ! Quel intérêt de dédier un texte à des figues desséchées qui croient que défier le temps leur évitera de terminer humus. J’ai pensé aux virus, aux détritus, au typhus puis j’ai fini par penser au desirus d’avenirus. Désirs d'avenir. Des rires à venir et pour les fans les plus teigneux, des ires à venir.

Ségolène c’est désuet. Le peuple de gauche s’est offert pendant quelques mois une catharsis collective avec cet intermède. Je ne reviens pas sur les raisons de ce naufrage annoncé. Je me permets juste de vous réitérer mon annonce clairement : Ségolène Royal ne sera pas la candidate du Parti socialiste en 2012, ni au premier, ni au second tour. Au mieux, sera-t-elle encore sur Dédé.

Tous ceux qui s’échinent à faire vivre sa supposée aura sont des commentateurs de spectacles que certains appellent religieusement journalistes. C’était déjà un miracle qu’elle ait été la candidate du PS de 2007. Mais la foudre ne frappe pas deux fois au même endroit. Des circonstances exceptionnelles ont entraîné le phénomène Ségolène. On pourrait tout juste convenir du fait que cette dernière a vraiment cru qu’elle serait présidente; et continue toujours de le croire.

En réalité, Ségolène Royal sera la principale fossoyeuse du candidat PS de 2012. Le PS est comme un sein qui héberge un kyste. Le tout est de savoir s’il saura s’en débarrasser définitivement ou s’il le couvera en espérant qu’il se résorbe. La seule décision politique qui pourrait sauver le soldat PS est de tuer le soldat Royal et maintenant. Pas en 2011. D’ailleurs, ils auraient dû le faire quand Martine a été élue. Le courage politique à ce moment aurait été de mettre Ségo face à un choix simple : tu te soumets ou tu dégages!. Elle a fait son Salomon et ce kyste, qui au soir des élections 2007, aurait pu demeurer un fibrome, va redevenir une tumeur et au fil du temps, s’enhardira pour être cancéreuse.

Croire que Ségolène va cesser de poursuivre son rêve est un délire. Isolée, ses partisans lui resteront toujours fidèles et au moment venu, par défi ou par dépit, voteront pour elle en bons franchouillards qui se respectent. Le candidat PS réussira à passer au second tour mais la division interne ne lui servira pas. Comme les autres divisions des partis de gauche, je vous le concède.
Au faîte de son pouvoir médiatique, elle n’a pas réussi à se faire élire. Ce n’est pas demain la veille, du haut de sa nunuchété du boulevard Raspail, qu’elle réussira à le devenir. Donc, pour les présidentielles, le candidat Royal est mort-né en 2007.


Par contre pour le candidat PS, Royal encore socialiste est une garantie, une certitude d’échecs. Sans Royal, l’espoir subsisterait. Devant les allants belliqueux de Sarkozy sur la scène mondiale, la seule raison pour laquelle le PS pourrait gagner les prochaines présidentielles serait une nouvelle guerre comme celle très annoncée contre l’Iran par exemple. Un évènement exceptionnel d’une ampleur majeure pourrait détourner les français de l’UMP. Et encore, s’il réussit à leur vendre cela comme Powell, il n’est pas sûr que les gais bobos pacifistes parisiens ne lui sachent gré de sa clairvoyance. Déjà que pour certains élus de droite, il tutoie le génie !

Néanmoins, on peut tout lui reprocher à Sarko sauf de ne pas proposer une voie, aussi sinueuse soit-elle. Personne au PS n’a l’aura nécessaire pour redresser l’image du parti socialiste pendant ces deux années de crise économique à venir. Et puis, le peuple aime les héros et les héros se révèlent dans les moments difficiles. Depuis son élection et l’avènement de la crise financière, à bien des égards et notamment sur la scène internationale, il n’a pas démérité. Il était présent, a pris position, a pris des décisions. Le peuple s’en souviendra en 2012.


Pour les socialistes, le politique doit reprendre ses droits et l’a déjà fait en partie en l'expurgeant de la direction du parti. Selon moi, la raison de la non-expulsion définitive du PS de Royal est la crainte pour son bureau politique gérontocratique de se couper définitivement de cet électorat populaire qui l’a en partie soutenu en 2007.
Sauf que le PS est un parti de bobos, qui s’est embourgeoisé et que le retour vers cette strate est long, dur et compliqué. Comme en agro-alimentaire où tous les modèles de distribution ont d’abord surfé sur le prix le moins cher, la rotation des stocks et la réduction des coûts de gestion pour attirer les populations les plus pauvres ( magasins à prix unique, grands magasins, GMS…). chaque modèle a fini par reproduire la même erreur cruciale qui, dans un certain nombre de cas, s’achève par sa disparition (Prisunic, Uniprix, Samaritaine ont disparu…). L'embourgeoisement du système. Le PS a été un parti populaire d’ouvriers et dans son développement, il s’est transformé en un parti de notables, de clans, qui ne pratique plus la rotation des élites dirigeantes et souffre de son obésité. Les communistes comme les magasins à prix unique ont quasiment disparu.
Le PS dans son embourgeoisement doit s’adapter comme les supermarchés Continent ou mourir. Il en sortira peut-être un Carrefour ou un Goulet-Turpin, c’est à ses dirigeants de choisir. Mais, sur sa formule actuelle, le PS amorce lentement mais sûrement son déclin et leur manque d’idées, leur népotisme et leur pachydermie ne les aideront pas à inverser la tendance. Et pour ceux qui rétorquent qu’il tient tous les rouages politiques régionaux, dites-leur que l’empire n’est jamais aussi flamboyant que lorsqu’il est à la veille de tomber. Demandez à Marie-Ségolène, elle qui était si souriante encore le soir de sa défaite.
Risible. Comme son nouveau site. Une manifestation épidermique du déballonnement de la bulle. Un abcès. Beaucoup ont aimé voir en elle une alternative à un système vicié, un discours simple sur de profonds maux qui traversent la société, une fausse modernité devant l’accaparement par les hommes de la chose publique.


En réalité, Ségolène n’est pas plus réformiste que son ex-compagnon. J’en veux pour preuve son histoire, d’une rectitude inégalée. Un rapide saut sur wiki pour avoir une bio express.
En réalité, Ségolène est un conservateur pur jus qui a profité d’une éclaircie dans la morosité de sa vie de femme de politique, et députée de deuxième zone pour se révéler au public. Son parcours personnel et scolaire est édifiant. Elle n’a jamais fait la preuve d’aucun changement dans sa carrière politique et il demeure aux politologues de nous dire comment un apparatchik du système a réussi à vendre au peuple français sa différence du monde politique qui l’a fait naître, grandir et maturer en son sein.

A bas la pleurniche ! On nous l’a vendu comme une pauvre bique vivant sous le jonc d’un paternel militaire misogyne et rude envers ses rejetons, dans un petit village français, fille dans une fratrie nombreuse. Comme la plupart des français issus des élites militaires et aristocratiques de son époque. Et comme la plupart des filles de ces clans, elle était promise à une vie de mère de foyer. Qu’elle ait voulu s’extirper de ce corset est chose respectable. Nous la merchandiser comme une pauvre petite bergère égarée dans le manoir de Dracula, Nein !
Papa était colonel d'artillerie de marine décoré, fils de général polytechnicien lui aussi honoré par son pays. Au prénom de ses huit frères et sœurs, on s'étonne qu'ils n'aient pas vécu dans un château et l'on comprend rapidement que la famille ne bouffait pas que des radis, comme les Dion. Marie-Odette, Marie-Nicole, Gérard, Marie-Ségolène, Antoine, Paul, Henry et Sigisbert. Sigisbert ! Ils doivent être deux en France a porté un prénom aussi suranné.
Selon moi, c’est juste une bourgeoise catholique qui a rejoint la gauche par opportunisme. Elle fréquente pensionnat, lycée privé, intègre Sciences Po et finira comme ses fameux congénères de gauche et de droite issus de ce célèbre antre de l’inefficacité.

Comme expérience professionnelle, elle est d’abord juge administratif, puis avocat. Simultanément, elle siège à l'Assemblée nationale et au conseil général des Deux-Sèvres. Baveux ! J’avoue avoir été surpris. En cas de problème avec la justice, je préfèrerais encore laisser baver la chienne de mon voisin au prétoire; elle a au moins la caresse facile.
Je vous passe la carrière politique d’énarque type, circuit finger in the nose comme d’habitude, qu’elle a su mener pour éclore au second tour présidentiel.
Soyons justes, elle s’est tout de même battue pour son poste de députée, quémandée vigoureusement auprès de Mitterrand. Quand on pense que pour les mêmes agissements, Rachida a été traînée dans la glaire médiatique la plus abjecte par de pitoyables caresse-anus parisiens, rendus courageux par les errements amoureux de son Eminence Grise, Sarkozy de Bruni Tedeschi. Journaleux d'indigestion !
Bref, sous-ministre, sous-députée, elle navigue dans les eaux socialistes en sous-marin ronfleur depuis sa sortie de ce chantier de l’inutilité publique. Nous avons dû attendre 25 ans qu’elle refasse surface. De ses pérégrinations politiques, il en est resté quoi ? Le chabichou du Poitou. Un trop-plein d’énergie créatrice en 20 ans de carrière politique, somme toute ! Un modèle de réformisme exubérant, revendicatif et énervé. On a vu meilleur profil de révoltée.

Et puis, la lumière fut. Elle est ressortie des fonds abyssaux par la conjonction de tellement d’évènements qu’il faudrait une encyclopédie pour les énumérer. Belle gueule ripolinée, pseudo bécassine contemporaine, piètre oratrice, écriture inconsistante, expérience ridicule, énarque, femme, … Elle avait tout faux et les militants l’ont cru juste ! Elle a enfin fini dans la botte et major de sa promotion socialiste ! Quelle revanche !!

Je vous passe ses idées politiques saugrenues par compassion humaine et ce discours glabre, vaseux, lénifiant, ombrageux, lunatique, affligeant, pathétique ; une mélopée indigeste et indécente au regard de ce à quoi on est en droit de s’attendre de la part d’un homme politique qui aspire au sommet : parfois, la démocratie est si …moderne.
Voici venue l’apogée d’une carrière fulgurante, aussi fugace que celle de Susan Boyle, le talent en moins. Bien évidemment, elle rate la marche suprême de très loin et notre Apollon Rugissant est intronisé. Elle aurait normalement dû retourner dans l’anonymat de son conseil poitevin. C’était compter sans le réveil de la jeune cinqua divorcée, la nouvelle femme debout, accessoirement femme Barbara Gould.

Et dans l’ivresse de sa jeunesse recouvrée, il s’est trouvé plus ségolen pour miser des biffetons sur ce canasson, et moi je rigole. De la bravitude sans doute. Des bonnes âmes. Révolutionnaire le financement politique, diraient certaines langues fourchues. Ils n’ont pas compris que l’étoile était filante. Et elle pâlit. Inexorablement, elle pâlit. Et La lumière BHL, écrivaillon digne de Vivement dimanche, n’a toujours pas compris que si le PS est un cadavre ambulant, Royal est un cadavre politique depuis le 6 mai 2007.

Magson de Pazou