Humeurs, pantoufles et insomnie
Par Magson de Pazou le lundi, septembre 14 2009, 17:46 - Humeurs - Lien permanent
[Prélude
http://www.youtube.com/watch?v=cBMDX2sR27U]
La main gauche dans le calbutte, la main droite autour de mon stylo Pilot super Grip, le cerveau en mode 3G, ventre rempli, nègre content et prêt à satisfaire son désir de connaissances, je me suis laissé aller à faire phosphorer la matière grise.
Car, il y’en a eu des rebondissements dans la sphère et malgré la redondance de certains de mes propos, je ne peux m’empêcher de poser un regard bienveillant sur l’homme.
Mon Jacky par exemple. Il a créé sa fondation pour aider les pays pauvres. C’est d’un cynisme ahurissant. Quand il était, pendant 12 ans, président de la 5ème puissance mondiale, sa politique était tournée vers … rien. Après une carrière entière sous les ors de la République, 82% de voix en 2001, Jacky à la fin de son cycle, à lancer son musée des arts premiers pour ne pas dire autochtones, indigènes, primales, et aujourd’hui qu’il n’a plus aucune influence majeure sur la scène internationale, il a créé Sa fondation pour aider les pays pauvres. C’est exactement comme si Pasqua décidait maintenant de créer une association pour la promotion de l’immigration en France. Il n’en demeure pas moins qu’il est un grand monsieur car il a eu le courage de dire non à la guerre en Irak quand les moutons sont allés brouter dans les prairies de Saddam. Juste pour cela, je lui tirerai toujours ma chéchia.
Difficile d’avoir un peu de hauteur dans cette glaise politique et médiatique. En quête de sommeil, je tombe sur la fille d’un auteur aux œuvres prolifiques, qualitativement médiocres, qui nous offre, pince sans rires, un ouvrage sur sa mère, récemment morte, qu’elle n’a pas connue. Soyons juste, peu connue. Enfin, juste connue avant son trépas. La semaine précédente, on avait eu droit au fils de 19 piges d’un cinéaste, réalisateur d’un chef d’œuvre, Tu peux garder un secret ?, qui souhaitait nous faire partager le monde très original des boutonneux des quartiers chics, amateurs d’alcool sucré, de drogues très hard et de Yop. Il aura au moins réussi le tour de force de faire publier son carnet d’écolier. Brillant ! Scénario identique il y’a quelques ans déjà, avec une fille de 18 piges qui nous informait lascivement des errements claniques de futures suceuses du seizième.
Demain, nous finirons même par avoir le bébé du Père Fouras qui nous cisèlera un brouillon sur son passé de bad boy à l’abri des performances scéniques de son fameux paternel. Improbable ? Et vous, chers couillons, vous êtes invités à saluer la naissance de grandes plumes.
Quand on a été gâté par le destin en ayant une vie de bourgeois, on doit avoir l’intelligence de travailler deux fois plus que les autres, la décence de ne rien réclamer en retour et surtout, l’élégance de décliner les ors et les honneurs. C’est ce vers quoi je tends. Comme Churchill. Malheureusement, il me manque l’essentiel ; le charisme, et ça, c’est le privilège des grands hommes.
Pris d’un besoin pressant, je suis allé délicatement me soulager en prenant soin d’utiliser les pages froissées d’un bouquin, L’idéologie française, je crois. En effet, il occupe une place de choix dans mes latrines depuis que j’ai décidé moi aussi, de participer à l’effort de guerre écologique. Quitte à jeter les mauvais livres, autant s’en servir comme pq.
Entre deux contractions, je me suis penché sur l’actu passée dans un journal télévisé portant sur Brice de Neuilly. Étant donné qu’en France, c’est la Licra qui décide maintenant de clore les dossiers de poursuites judiciaires à l’encontre des justiciables comme Brissou pour ses déclarations pleines de finesse à l’égard des auvergnats, on finirait par se demander, innocemment bien sûr, à quoi sert le procureur de la République de Seignosse.
Finalement, comme sur les nominations chez France Télévision, il est aujourd’hui normal que les juges disparaissent et cèdent leurs prérogatives à la chancellerie. Cela a au moins le mérite de la transparence et cohérent au vu de la politique affichée. J’imagine les commentaires de politiques et autres journaleux si le maghrebo-auvergnat de service avait été judéo-auvergnat de circonstances et, outrage des outrages, si Brice se prénommait Dieudonné ou Jean-Marie.
Décidément, la justice est aveugle. Mon complice Serguei m’aurait probablement rétorqué : Pour qui ? Pour les auvergnats, voyons !
Ayant renoncé à rejoindre Morphée, j’allais m’écouter un peu de Cranberries, histoire d' agrémenter mon ennui quand j’ai vu apparaître une bouille familière, jadis très fameuse place Solferino. Comme Chirac, il est énarque. Comme Chirac, il a toujours été fonctionnaire. Comme Chirac, il a cumulé. Comme Chirac, il est là depuis longtemps. Comme Chirac, il veut être président. Comme Chirac, il est prêt à patienter encore pour être président. Comme Chirac, on devra encore se le coltiner jusqu’à ce qu’il réussisse à devenir président. Pour quoi ?
Le néocolonialisme comme la démocratie occidentale sont des idéaux qui ne servent qu’un seul but : servir une élite établie et imprégnée des doctrines britanniques. Il n’est aucun évènement majeur ayant traversé les siècles passés sans la main visible ou invisible des britanniques. Je ne vous apprends rien.
Afrique, Asie, Amériques, Océanie comme Europe, c’est le même délire. Lloyd Georges l’a théorisé : Nous devons nous réserver le droit de bombarder les nègres.
En réalité, les prolétaires occidentaux devraient tous se sentir concernés par le néocolonialisme car il matérialise clairement toutes les pensées qui les abaissent à leur condition d’ouvriers, d’employés, de petits bras; des nègres pour une élite endogamique, libérale et viciée. Que se passe- t- il en Afrique ou au Proche-Orient où des gouvernants, porte-flingues écervelés des occidentaux, servent les intérêts de quelques- uns ? Les ressources naturelles sont reines et comme l’a si bien dit Lloyd; nous devons nous réserver le droit de bombarder les nègres.
Pour l'instant, on met en application le soft control: éviter de s’embarrasser avec l’esclavagisme, les éliminations, les putschs et mettre une burqa sur le visage de ces Etats riches, une ligne intermédiaire, un plafond de verre, en plaçant des fonctionnaires qui servent toujours les mêmes intérêts, les leurs. Derrière le masque et le paravent de la démocratie, le capital peut s’épanouir, s’enrichir, engraisser sans avoir à se préoccuper des désagréments antérieurs si néfastes pour la pérennité de ses profits. Et encore, il n’est pas sûr que l’esclavagisme soit vraiment si choquant pour eux. Après tout, les 5/6 de la planète vivent chichement, dans des pays despotes, chaotiques, sans protections ni horizon et cela n’a vraiment jamais dérangé. Préoccupées certaines âmes sensibles au mieux. A la fin de la journée, qui veut se coucher affamé, assoiffé, sale, sur une natte sans chauffage ni serrure devant sa porte ? Pas moi en tout cas.
C’est exactement identique en France. Une élite d’assistés se reproduit inlassablement et maintient les sphères du pouvoir dans leurs castes. Les prolos passent donc leur temps à travailler pour le bien-être financier de familles bourgeoises. Au mieux, ils ouvriront une épicerie. Des Branson, ce n'est pas demain qu’on en reverra, très chers !
Le capital est verrouillé, les barrières à l’entrée sont omniprésentes dans tous les secteurs et seuls servis, les nantis et rejetons de nantis qui engraisseront davantage à l’abri des heurts, des cris et suprême hypocrisie, auréolés de gloire et de respectabilité. Ceux qui s’élèvent contre cela sont immédiatement isolés, diabolisés, ignorés, calomniés, menacés, tués. On leur refile quelques sas d’évacuation pour canaliser leur esprit de révolte ; grèves, protestations, manifestations toujours bien encadrées par les sbires des syndicats censées justement lutter contre les injustices.
Je vous rappelle que ce sont des syndicalistes qui ont expulsés les sans-papiers de la Bourse du Travail à Paris. Le système n’a même plus besoin de frapper. Besson est maintenant ministre de l'identité nationale et peut faire des doigts d'honneur, Mitterand à la culture et Minc conseille aussi bien Sarkozy qu’Aubry. L'honneur est sauf.
UMP - PS, ce sont les deux faces de la même pièce. L’une affiche les valeurs, l’autre les origines mais cette dernière appartient à la même banque, le capital français. C'est probablement de quelqu'un ça ?
Je me suis rappelé d’un entretien de Chomsky portant sur la polyarchie : gouvernement du peuple par plusieurs élites, je crois. A affiner.
Ils sont prêts pour votre bien à vous protéger du niqab, de Bigard, de Dieudo, de Tom Cruise, de Le Pen, du PC, des chinois, de la couche d’ozone… Mais ils ne vous obligeront jamais à user de votre droit de vote. Et pourtant, si vous étiez contraints à voter, je suis convaincu qu’ils vous écouteraient. Aujourd’hui, vous avez le choix, pour leur plus grand bien.
Le péquin moyen a l’impression d’être différent du coolie indien, de l’ouvrier chinois, du domestique laotien ou du vendeur à la sauvette somalien. Ignorant qu’ils sont tous des boys, des employés de maison. Et comble de l’ironie, il croit dans son for intérieur, qu’être blanc, est un privilège qui le protège de ce qu’il est fondamentalement, un nègre. Comme Farid, comme Chen, comme Ibarra, comme Michelle, comme vous, comme moi. En cas de révolte, ils se réserveront toujours le droit de vous botter le cul, nègres. En Palestine, les juifs et les arabes s’écharpent stupidement et BP file 9 millions d’euros à son PDG pour ses brillants résultats. God save the queen.
J’ai finalement trouvé le sommeil. Je crois que je suis prêt pour la lecture du Capital.
Magson de Pazou