[Prélude

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A nos chers ringards, merci ! Merci pour toutes ces émotions, ces moments de tendresse, de hardiesse, de liesse, quand un euro était un franc et le commandant Cousteau nous emmenait explorer les fonds marins avec le Calypso.

Merci pour ces soirées de rires, de délires, de fous rires devant vos œuvres ; j'en garde toujours des souvenirs mouillés. Un autre temps, un autre âge, une autre époque que les nourris au Blédina ne peuvent vraiment pas connaître.

Merci pour l'ouverture au monde, à l'autre, à la découverte de soi, car de vos prestations, j'en ai forgé une certaine vision de ce monde. Merci d'être ringards, les héros ont changé depuis. Néanmoins, à mes yeux, vous demeurez des êtres grands, mus par une volonté d'acier. Vous avez réussi là où la plupart n'ont fait que rêver. Moqués, hués, écartés, fuis mais omniprésents dans cette partie de ma vie.


A nos chers ringards, merci ! Merci pour tout et pour ce rien, ce vide qui, semble-t-il, vous caractérise, les irrite, pour ces citations qui les plient en quatre, pour ces gestes simples qui laissent croire au péquin moyen qu'être vous est à la portée de tous. Merci pour toutes ces émotions partagées, ces sentiments exaltés lorsqu'on se met à reprendre vos répliques, vos mélodies simplissimes, disent-ils.

A toi, Norris Chuck, de m'avoir bercé dans l'illusion que je finirais par devenir un vrai héros dans mon pays. Je n'ai pas réussi, je n'ai même pas essayé, je l'ai oublié. Comme eux. Ils ont oublié de dire que tu possèdes une 8e dan en Tae Kwon Do, maîtrises plusieurs arts martiaux; Tangsudo, jiujitsu, Judo, karaté.

Ils oublient tous. Ils oublient tout. Ils oublient que tu es un vrai champion de karaté et qu'à cause des gens comme toi ou Lee, ou encore Steven, nous en étions tous venus à vouloir vivre dans un dojo.

Merci ! Tu nous as montré une voie, et aujourd'hui qu'ils ont vieilli, ils se gaussent de tes films et autres rôles de super-héros. Je veux me rappeler du petit qui s'amusait à donner des Mawashi geri en pensant que lui aussi, t'égalerait.

Je pense à Lee Bruce. Tu as vu Big Boss, tu as vu le talent. Le plus grand, exemple d'abnégation et de travail, créateur, entreprenant, champion parmi les champions.

Ou encore Seagal Steven, 7e dan d'aïkido, ringard parmi les ringards et 600 millions de dollars de revenus pour ses flims. Chan Jackie, grand pratiquant devant l'Éternel et valeureux représentant d'une grande culture et d'un grand art martial. Snipes Wesley et jungle fever. Van Damme Jean Claude et Universal Soldier, arrivé au sommet d'Hollywood en partant de Bruxelles. Lundgren Dolph , multilingue émérite, chimiste chevronné, gradué du MIT, double champion de karaté et suédois. Ridiculisés.

Le jour où vous aurez la même carrière, la même trajectoire, où de votre patelin, vous réussirez à devenir une étoile hollywoodienne, prévenez-moi et je me ferai un plaisir de vous saluer. J'attends toujours de voir un acteur français, un sportif qui réussira là-bas. Douillet David, Asloum Brahim, Gentil Pascal ? A vous, gueux jaboteurs, j'attendrais que les vôtres en fassent autant.


A nos chers ringards, merci ! Merci à vous ABBA, pour ces ballades à 350 millions d'albums vendus.

Merci à vous, Amitabh Bachchan pour Anthony, Mithun Chakraborty et Jimmy, de m'avoir fait aimer Bollywood, ses actrices et ses univers enchantés.

Merci à toi, Phil Collins de m'avoir fait penser deux fois.
A toi SAS Linge Malko de m'avoir initié au monde réel. A vous, Zembla, Akim, Rahan pour ces après-midi de lecture et de songes.

Merci à toi Gascoigne Paul pour ces dribbles et ce but, quel but ! Un chef d'œuvre. ( http://www.youtube.com/watch?v=UXuXu-jDN1E ).


A nos chers ringards, merci ! Merci à vous et tous ceux, nombreux et illustres, que je n'ai pas cités. Merci à vous, petites mains qui m'avez façonnées pour en faire ce que je suis aujourd'hui.

Charriés, ricanés, reniés, humiliés, ricinés, oubliés, par ceux-là même qui, hier encore, ne rêvaient que d'être vous. En amoureux éconduits, ils ont changé de bord pour vous pourfendre, pour se pourfendre, prendre de la distance avec ce passé jugé aujourd'hui encombrant car finalement, ils n'auront jamais réussi à vivre leurs rêves d'enfants. Comme vous.

Magson de Pazou