Salauds d'immigrés !
Par Magson de Pazou le mardi, avril 28 2009, 00:48 - Humeurs - Lien permanent
[Prélude
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Des relents de xénophobie animent de plus en plus les français. En ces temps de vaches maigres, l'étranger est la victime expiatoire désignée au vulgum pecus pour nourrir sa colère légitime envers un système vérolé qui n'a pas pu le protéger des vicissitudes de parasites qu'il a engrangés grâce aux perpétuelles mitoses génétiques ayant instituées des générations de nuls, de pédants, de bourgeois multipliant leurs insuffisances et tares pour aliéner la bonne marche de la société.
En Angleterre, les plombiers sont priés très vivement d'aller danser la polka à Varsovie et de laisser les chiottes britanniques aux autochtones. Commode. Les étrangers sont le problème. Je veux bien le croire. Après tout, je l'avoue; les femmes et les immigrés ont été et sont l'armée de réserve du capital comme le vitupère Zemmour à longueur d'ondes. Par contre, qui leur a permis de servir à cet usage ? Au lieu de s'en prendre à la cause de leurs malheurs, les neuneus vociférants s'éclatent sur les immigrés et les sans-papiers. Tellement facile. Et personne ne prend jamais la défense de cette frange de la population, insultée, calomniée, rabaissée pour couvrir les manquements de pauvres crétins abêtis par l'argent facile.
Pourtant, les français ne sont pas exempts de tout reproche. Seulement, personne ne leur a dit. Loin de là. C'est exactement comme si chaque semaine, une équipe de ligue 1- le PSG ( les valeureux français) se faisait battre par des équipes de CFA - USSA Vertou (Ressortissants intracommunautaires), DH - Red Star (Immigrés réguliers), Excellence et même 3e division de district - Les courtillières FC (Sans-papiers) et que le coach de l'équipe de France (les politiques) déclarait à la fin de chaque match, devant les spectateurs médusés (peuple français), que l'arbitre (UE) est acheté et ses propres joueurs victimes de l'esprit combatif qui anime leurs adversaires face aux grosses écuries du tournoi (la mondialisation).
Ce n'est pas aux étrangers, ni aux sans-papiers de subir la vindicte populaire pour le manque de hardiesse au labeur des français, c'est à ces derniers de se demander comment un immigré, analphabète, ayant voyagé plus de 6000 km dans des conditions extrêmes, de couleurs parfois marquées, sans papier souvent, sans famille très souvent, sans argent assurément, arrive à trouver un boulot, à vivre en France, faire vivre sa famille en Afrique et mettre assez d'économies de côté pour ses vieux jours dans son pays d'origine. Cela s'appelle le travail, la vaillance.
Personne n'a jamais demandé aux français de se réveiller à 8 heures du matin, de manger pendant deux heures à midi, de quitter leur bureau à 18 heures piles pour aller s'affaler devant leur canapé Ikea, les lèvres baveuses devant la fente rosâtre de vulgaires actrices pornos hongroises bernées par le strass et la caillasse facile.
Personne n'a jamais demandé aux français sous-qualifiés de trop aimer les aides sociales qui entretiennent leur paresse, de passer trois mois par an en vacances de toutes sortes, de rechigner à être éboueurs, équarrisseurs, plombiers, électriciens, gardiens, maçons, par déconsidération culturelle de postes manuelles, jugées salissants et dégradants pour les gaulois, qui soit dit en passant pour les incultes bêlants, n'étaient pas des monuments de raffinement et d'intelligence.
Personne n'a jamais dit aux jeunes français de se trémousser sur des airs de Lory ou la tortue au lieu de faire danser les vers de Baudelaire et de connaître l'histoire de leur pays sur le bout de leurs doigts afin d'être aussi cultivés que certains glorieux anciens et de marquer les esprits contemporains par leurs œuvres, leur savoir, leurs compétences.
Personne n'a jamais rétorqué aux français que les premiers bénéficiaires des protections sociales existantes, conséquences du capitalisme et de la mondialisation galopante qui leur ont toujours été bénéfiques, étaient les français et dans leur immense océan de privilèges et de facilités, le gaspillage était devenu modèle de société, le consumérisme avilissant ayant transformé les familles en cash machines, en panses et en cachets d'antidépresseurs.
Personne n'a jamais dit aux français que le travail ne serait plus jamais national dans une économie aussi globalisée où les pauvres d'hier,plus nombreux, faméliques et revanchards sont de plus en plus des capitalistes "Barry Dilleresque" et la France, pour ne pas terminer musée de la baguette au pire, musée des arts seconds au mieux, devrait pour sa survie, se fondre dans un ensemble européen et par extension, accepter de partager les avantages et les inconvénients de cette union.
Personne n'a jamais dit aux adolescents français que le salut ne se situait pas dans le rap, la star academy ou titi à la jambe d'or et, que le fait d'être français ne protégeait pas de l'inculture, de l'incompétence, de l'impatience.
Personne ne leur a dit qu'un master en psychologie ou anthropologie, civilisations romaines, leur garantirait une place de choix au pôle emploi de leur ville.
Personne ne leur a montré la déliquescence de leurs savants, leurs ingénieurs comparativement à l'Inde formatrice de 200000 par an, la Chine créant des milliers d'emplois dans la haute technologie, la science et l'armement. La France a abrogé le service militaire, rafistole ses deux porte-avions, réduit ses troupes, sauve deux trois têtes nucléaires pour permettre à Sarko d'envoyer des textos à Carlita avec le code nucléaire et beugler parmi les grands, institutionnalisé une armée d'apparat et se plaît à célébrer de rares ilots de bravoure j'ai nommé le GIGN ou la légion étrangère. On ne leur a pas dit que du militaire dérivait le civil et donc, des emplois.
Personne ne leur a dit que tous les diplômés ne pourraient pas travailler derrière un bureau, derrière une assistante personnelle à la foufoune parfumée, derrière une meute de jeunes loups de la finance, du commerce ou de la distribution prompts à sucer pour exister. Ils veulent tous commencer au sommet car cela leur est dû: ils sont français et il est connu qu'un français ne fait pas n'importe quoi. Il est fin, brillant et très connaisseur des chiffres et des mots. La blouse, le casque, la cotte, c'est pour l'étranger: forcément.
Personne ne leur a dit que la vie est injuste, inégale et versatile. Les nourris au Blédina ont oublié de lutter comme leurs ascendants et se sont avachis dans l'amusement, le divertissement, le futile oubliant qu'un ouvrier chinois travaille deux fois plus pour dix fois moins de salaire, reste en état d'alerte constante car derrière lui, se trouve, non pas une secrétaire dilettante aux seins siliconés et à la cervelle peroxydée, mais 1 milliard de paysans prêts à prendre sa place pour peu qu'il réclame cinq minutes de pause pipi en plus.
Personne ne leur a dit que la compétition stimule, profite, déplace, détruit, blesse, agresse et finalement ... recrée. A une condition : innover donc créer une rupture fondamentale. Ce n'est pas de moi mais de Schumpeter, un des rares autrichiens qui rehaussent encore l'image de ce pays d'artistes dégénérés. Cela s'appelle la destruction créative. Qui sont ceux qui permettent cette rupture ? Les entrepreneurs. Seulement, les français les détestent, les conspuent, et les immobilisent. Conclusions ; ils veulent tous être fonctionnaires, les mieux formés étant les parasites les plus voraces que je connaisse.
Personne ne leur a dit tout ça car personne n'a intérêt à le leur dire.
Après tout, c'est tellement plus facile de faire passer son incompétence, son inefficacité, sa faiblesse sur le dos de ces salauds d' immigrés. Putain d'immigrés !
Magson de Pazou