La "chialette", le sport national français
Par Magson de Pazou le vendredi, mars 20 2009, 10:16 - Humeurs - Lien permanent
[Prélude
http://www.dailymotion.com/relevance/search/slayer/video/xjpr6_slayer-bloodline_extreme]
Chialez, chialez, chialez, il en restera toujours quelque chose. Chialer est une composante essentielle de la vie des français. Chialer pour tout et rien. Chialer pour montrer ses émotions, attirer l'attention, la compassion, la passion. Les français adorent chialer. Pas une seule journée ne s'éteint sans qu'on ait droit à son cortège de larmoiements, la chorale des lamentations, la pleurniche institutionnelle, en tout genre, pour tout motif; des plus sérieux au plus fallacieux. Chialer ne revêt plus aucune importance symbolique car le couillon moyen s'en est fait une arme de combat.
Ouvrez les yeux et comptez le nombre de personnes qui verse une larme qui pour la mort d'untel, lugubre artiste chiant mort d'une cirrhose du foie, résultat d'une consommation intensive de bibines, aux textes crapoteux et indigestes, qui pour la mort de son chien, une bête bien contente d'échapper à la profusion d'amour et de sentimentalisme neuneu de ses maîtres, qui pour la persécution du Dalai-Lama, un obscur despote qui avilit son peuple dans la mendicité et la clownerie, qui pour la paix dans le monde, ses enfants africains qui souffrent tellement, ah! Misérables apôtres de la religion du moment : l'émotion.
Ils s'y mettent tous, les politiques en premier. A chialer comme de pauvres nymphettes enculées et toujours éprises de leurs preux torpilleurs. Fleur bleue ! La larme à l'œil et tout le monde écoute, cérémonieusement, cette horde de vils parasites qui viennent confesser leurs basses œuvres dans des émissions sirupeuses, mendiant commisérations, sympathies, postes et peccadilles. Chialer partout, pour gagner des voix, pour marquer les esprits, pour exprimer son agonie. La France se plait à chialer et la chialerie est culte national, arme redoutable pouvant être utilisée en toutes circonstances pour se délivrer de tout mauvais pas. J'entends encore leurs gémissements pitoyables quand ils se font un peu bousculer par quelques remarques irrévérencieuses de rares personnes ayant encore le courage d'appeler leur métier journalisme. Hein, Ségo l'amphore percée !
Chialez! Chialez! Pauvres biques. C'est la ballade des glandes lacrymales. Alors, laissez - vous aller, Drucker, Delarue sont là pour vous aider à partager cette expérience douloureuse qui a marqué votre vie pour toujours. Votre père était un pervers sadique qui vous a violé depuis votre berceau ? C'est terrible ! On a peine à croire qu'il existe des hommes pareils! Allez-y, chialez ça fait du bien ! Mon cul.
Bashung est mort ? Je m'en fous. Yves St-Laurent a cané ? Alors. Betancourt est détenue dans la jungle colombienne depuis 5 ans et sa fille viendra chialer au JT ? Je ne retrouve plus ma chaussette fétiche. Cette jeune mère s'est faite battre par son mari et est plongée dans le coma ? je boufferais bien des pâtes de Luigi ce soir. Tel chef s'est suicidé après avoir perdu sa troisième étoile ? J'ai oublié mes capotes, merde ! Frietzl a aimé passionnément sa fille et lui a fait 7 gosses ? Le PSG a gagné hier soir. Minc a encore publié, Attali aussi ? Là oui, il faut chialer face à de telles bluettes de plagiaires reconnus !
Pas que je sois dépourvu de sentiment. Mais, je m'afflige pour des causes bien plus importantes. Contrairement à ces fanas de la pleurniche, je comprends et je passe à autre chose.
Venir lécher les couilles d'un mort alors qu'on lui a craché au visage pendant toute sa vie et me faire partager la douleur de creux hypocrites : trop fort pour moi aussi. Je vous la laisse, votre si belle nouvelle douleur.
Les larmes, les pleurs, la sucette laudative, bienvenue dans le temple de l'émotion!
Les français chialent pour rien. Les larmes réclament des événements marquants. "Les hommes ne pleurent pas" je ne sais pas qui l'a dit mais je comprends tout le sens de cette assertion et je la partage. Aujourd'hui, afficher sa faiblesse est une preuve d'ouverture et de courage. N'importe quoi ! Alors, tout le monde y va de son couplet, les politiques mettant en musique l'ensemble. Et on pleure parce qu'untel a été méchant, parce que son livre est une merde, parce que sa femme est partie, parce que son fils s'est cassé le bras, parce que les papillons disparaissent de la terre, et je vous passe tous les prétextes saugrenues pour mettre en scène son désarroi face aux épreuves de la vie. Je respecte mes larmes et celles des autres m'insupportent. Notamment lorsqu'elles servent à masquer un manque de charisme, un discours décousu et impropre, une logique tribale, ethnocentrée, une étroitesse d'esprit, une paresse compulsive. Overdose de sentimentalités misérabilistes n'ayant qu'un seul but : victimiser.
Lorsqu'on emprunte et qu'on est coincé parce qu'on n'arrive plus à payer les mensualités, on demande dignement à Courbet de nous aider sans épanchements lacrymaux et paroles mielleuses et attendrissantes, compatissantes. On chiale pour des vraies raisons. Les larmes sont chères. Les larmes d'un homme sont encore plus précieuses. Les voir pleurer autant que les femmes aujourd'hui est sidérant. Certains en ont déjà fait un métier. Hein Bernard, Ménard, Legrand et toute la tribu de la république du cœur ! Les féministes apprécient. Les hommes se calfeutrent dans leur nouvelle émotivité stupide et nous incommodent. Donnez-leur des mouchoirs et tenez-leur la main à ces pauvres cruches! "Elles" en ont besoin !
Magson de Pazou