Les roms, la plaie
Par Magson de Pazou le samedi, décembre 20 2008, 23:15 - Société - Lien permanent
[Prélude
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Alors que j’étais entrain de me dégourdir le sphincter en expulsant un caca très sec, résultat d’une fréquentation assidue de grecs aux morceaux de veaux douteux, je n’ai pas pu m’empêcher de me remémorer certains événements assez ubuesques. Entre autres, j’ai pensé à ce roumain estropié, quémandant avec énergie quelques pièces dans le train et grâce à son approche assez directe, a réussi à extorquer de certaines dames des euros bien sentis. Les pauvres grognasses étaient tellement gênées par cette intrusion agressive qu’elles ont sorti les sous, payé et souri. C’est clair que toute la rame avait focalisé les yeux sur elles et certains devaient prier l’arrivée rapide de la prochaine station afin de se soustraire à ce quémandeur si gênant.
Mendiant. Dur de dire du mal des mendiants dans ce climat de récession. 60 % des français ont peur de finir dans la rue. Moi aussi. Et pour conjurer le sort, on s’attèle tous à ne pas dire du mal de ces gens dans le métro même si au fond, on n’en pense pas moins. Moi aussi, j’ai peur d’être victime de la vie et de devoir quêter ma pitance pour survivre. J’ai tellement peur de la dépendance que d’y penser, je chie de plus en plus vite. Certains disent que les sdf sont là pour nous rappeler que si nous nous rebiffons face au capitalisme, nous pourrons aisément rejoindre le cortège d’exclus. Les choses vont tellement vite et les situations sont si dramatiques que nous sommes tous atteints de ce sentiment ambivalent : trouver les mendiants envahissants et paresseux, et les plaindre, ces pauvres victimes de la vie. Personne ne sait de quoi est fait demain alors, on plonge ses yeux dans un autre mauvais roman de Marc Levy, ou on fixe les chaussures du voisin en priant pour que la guigne ne nous touche pas. Cette société refuse le malheur, celui qui a chuté, celui qui a faibli, celui qui n’a pas su s’adapter, celui là même qui est en face implorant, ayant abandonné désir et dignité pour mendier. Nous ne détestons pas forcément la faiblesse. Nous détestons cette image précise de la faiblesse. Voir une connasse chialer parce que son papounet a oublié de lui offrir un cadeau pour leur 15 ans de mariage dont 14 et demi d’adultère, a quelque chose d’attendrissant. Voir une mère supplier pour que son bambin puisse bouffer chaque soir à quelque chose d’inquiétant.
Alors, on s’évade et même dans son for intérieur, on essaie d’oublier cette vision cauchemardesque. Et comme il est de bon ton de ne pas commenter le malheur des autres, on drape sa vertu dans des discours à la Sœur Emmanuelle. Réminiscence de la culture judéo-chrétienne.
Je donnerais tout pour faire la différence entre les démunis. Je refuse de servir de porte-monnaie pour quelques parasites. Tous ces roms qui, pour faire pitié, exposent qui son infirmité, qui son gosse, dans le but de me culpabiliser, me font gerber. Tous ces gueux, ayant faits profession de mendicité sont aussi méprisables que les hommes politiques qui mendient vos voix pour mettre leurs familles à l’abri du besoin pour les uns, s’acheter une honorabilité pour les autres. Je hais les parasites. Mais comment faire la différence entre un accidenté de la vie et un pro de la mendicité ? Je n’en sais trop rien et principe de précaution, je ne donne rien à mon grand désespoir. Mais, croyez-moi ou pas, j’ai envie de donner. Car comme vous, la misère me rebute et nous ne devons pas hésiter à tendre la main à une personne dans le besoin. Les croyants appellent ça la charité chrétienne. Moi, je l’appelle la charité. Comme s’il fallait attendre le christianisme pour être altruiste. Priscillien s’en était très vite aperçu.
Je pense que l’Etat devrait prendre des mesures concrètes pour juguler ce phénomène. Certains font vœux de chasteté. Libres à eux de s’astiquer à vie. D’aucuns font vœux de mendicité. Libres à nous de subir leur harcèlement moral. Comment toute cette peuplade de roms peut se réduire à cette pratique ? On mendie de père en fils. Le père, la mère, la fille, la sœur, le petit frère. Une famille de mendiants. Vivre ainsi sur la mansuétude de la masse m’indispose. De là à me culpabiliser, je trouve la méthode aussi criminelle que d’être menacé avec un flingue sur la tempe.
Je n’aurais que peu de suggestions pour vider nos rues et métros des roms et autres parasites quémandeurs : appliquer déjà les lois prévues.
Je me tape 1h30 de trajet pour le boulot et j’en ai marre d’éviter les regards de ces gens, leur puanteur et surtout leur supplication. J’en ai marre de devoir me dire que je suis mauvais parce qu’un père de famille a trouvé commode de devoir prostituer ses enfants pour survivre. Si les putes n’ont plus le droit d’aguicher le client, les roms ne devraient plus avoir le droit de culpabiliser le chaland. J’aimerais comprendre comment ces roms ont pu s’avilir ainsi ? Ont-ils encore honte ? Quelles sont leurs valeurs ? Pourquoi ne travaillent ils pas ? Qui sont ces gens ?
L’Européanisation a permis la circulation des marchandises et des hommes. Aujourd’hui, les Anglais et d’autres peuplades plus nordiques régissent drastiquement cette immigration venue de l’Est. Le plombier polonais pratique un dumping social agressif sur les travailleurs locaux mais lui au moins, il travaille. Les roms sont là, en colonies, vivant dans des endroits pires que les HLM, avec des enfants sans ou peu scolarisés, concrètement au ban de la société et que ramènent ils pour la France ? Rien. Quand je pense à tous ces neuneus qui conspuent les immigrés africains, les sans-papiers alors que leurs cousins occidentaux vivent à leurs crochets sans se fouler la cheville. Quand je pense à ses mères banlieusardes qui poussent leurs gosses à recevoir l’éducation qu’elles n’ont jamais eue alors que ces européens affichent leur progéniture comme de vulgaires cash machines. U n ramassis de parasites aussi malsains pour le moral des citoyens. Mais la bonne pensance la ferme car il est mal vu de cracher sur les pauvres. Frères de misère ! On se serre les coudes ! Non. Je dis que nous les immigrés, les noirs, les maghrébins, les banlieusards, nous méritons beaucoup plus de considérations.
On ne les mettra jamais en avant car ils sont blancs. C’est facile de taper sur le noir, de montrer du doigt le plombier polonais ou le maçon malien qui pique le boulot des braves français. Ça devient plus délicat d’afficher son mépris et son dédain pour ses frères européens, bien blancs et si proches finalement en terme de peau, du vrai français. Entre blancs, on se serre les coudes ! Oui. D’ailleurs, une bonne partie de cette France est issue de cette Europe. Ces Poniatowski, Jovanovic, Ramirez, Gonzales, Kubic, Davidoff, Roumanoff, Ekimov… Ils sont européens et entre caucasiens, on ne se méprise pas. On regarde les chaussures de son voisin, on relit son « 20 minutes », on refait ses mots fléchés car on n’a pas le courage de demander à son frère blanc de dégager. Comme moi quand je supporte toujours le noir dans un match de boxe. La solidarité de race, c’est la clé. Imaginez toutes les lignes de métro avec pour mendiants des noirs, des asiatiques et des arabes. Je vois déjà toutes les lois que les politiques nous auraient pondues et l’application avec laquelle les policiers auraient rempli leur dure besogne.
Les putes ? Trop visibles sur les artères. Elles gâchent le paysage pour nos chers touristes. Conséquence : moins de thunes, plus de chômage pour les classes tertiaires moins éduquées qui risquent de gueuler. Les politiques créent le délit de racolage et les putes vident les rues.
Le plombier polonais, trop rapace. Il casse les prix du marché et sort les devises du pays. Conséquence : plus de chômage, moins de thunes, les ouvriers gueulent encore plus. Les politiques clouent le commissaire européen Mandelson au pilori.
Les sans-papiers ? Assez visibles, moins dangereux ; ils sont payés au lance-pierres par des patrons voyous qui en profitent largement et investissent en France. Conséquence : peu de chômage, plus de thunes, les ouvriers gueulent moins. Les politiques peuvent s’en servir comme épouvantail pour leurs campagnes électorales.
Les roms ? Très visibles, peu dangereux ; ils sont blancs donc ressemblants. Les ouvriers peuvent s’identifier. Conséquence : ils servent d’avertissements aux ouvriers, qui par solidarité d’exploités et de race, ne gueulent pas ouvertement. Les politiques sont tranquilles.
La mendicité gangrène aussi dans le métro car l’élite des bourgeois, les politiques, ne l’utilisent pas. Ou pas assez souvent. Ils n’ont donc pas à la subir.
Enfin, comble de la bonne pensance, ils se trouvent que ces roms, des caucasiens (honnêteté intellectuelle oblige, ils ont des origines ancestrales indiennes) ont aussi subi des épurations ethniques notamment, les chambres à gaz d’Hitler.
Conclusion ? Rien, on regarde tous les chaussures de notre voisin en priant pour que la prochaine station soit plus proche.
Je m’apprêtais à me torcher quand je me suis rendu compte que j’avais plus de pq. J’ai utilisé la couverture du Nouvel Obs. (la disgrâce, je crois), ultime coquetterie de votre serviteur. J’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois avec l’édito et d’autres pages de la même consistance.
Un quart d’heure plus tard, mal à l’aise, je suis allé me laver. Avoir la merde aux fesses, trop peu pour moi.
Magson de Pazou