Filippis ou le corporatisme des caresse-anus
Par Magson de Pazou le lundi, décembre 8 2008, 12:24 - Société - Lien permanent
[Prélude
http://www.dailymotion.com/relevance/search/lunatic/video/x309lm_lunatic-civilise_music]
Je viens juste d’écouter une belle brochette de journaleux dans l’émission de la 5 qui parlait de la garde à vue d’un certain Filippis, ex directeur de la publication de Libération. Tous étaient en émoi par rapport à la dureté de sa garde à vue (menotte, fouilles de sécurité ou au corps selon les versions, paroles désagréables des policiers). Bref, toutes les personnes présentes étaient toutes morfondues devant le récit ordinaire d’un mandat d’amener. Le seul qui a dû défendre ses collègues étant le syndicaliste qui a rappelé à cette belle brochette de bourgeois que la situation de Mr Filippis n’avait rien d’exceptionnelle et que ses collègues avaient bien fait leur boulot. On a d’ailleurs grâce à lui pu mettre en lumière la manipulation des journaleux :
Il n’a pas été menotté chez lui devant ses enfants. Et quand bien même il l’aurait été, combien de français en sont victimes et ne mouftent point ?
Sincèrement, enlevez Filippis le journaliste et remplacez le par Antoine, Samir, Diallo, Eugène et vous aurez une histoire banale sans aucun intérêt. Sauf que le corporatisme des journalistes est aussi efficace que celui des pétroliers et qu’ils nous ont tanné le cerveau avec leurs pleurnicheries.
C’est assez exceptionnel pour moi mais je soutiens à 200% les policiers. Ils ont fait leur boulot. Les politiques grâce à ça ont décidé de dépénaliser la diffamation. Peuple français, comprenez ceci : si vous êtes anonyme, soutenu par aucune corporation, aucun syndicat alors, on peut vous fouiller au corps, vous menotter devant vos gosses, vous faire un toucher rectal, vous cracher à la figure que cela ne changera rien à votre situation. Par contre, si vous êtes journaliste, qu’il vous survient ce qui survient à des milliers de français tous les jours, alors vous pouvez compter sur vos collègues pour chialer en concert devant les politiques, eux-mêmes très touchés, et qui s’activeront illico presto pour pondre une proposition de loi à votre convenance en l'occurrence dépénaliser la diffamation.
Ce Filippis met finalement en lumière toutes les collusions qui lient les politiques à leur corporation. Vous remarquerez que politiques et journalistes sont en général, des bourgeois qui ont fait les mêmes écoles, se fréquentent, dînent ensemble et devant la moindre difficulté naturellement se soutiennent. Un vrai journaliste, à l'ancienne, au lieu de pleurnicher sur sa situation, aurait pondu un livre ou un article circonstancié pour dénoncer de l’intérieur les ravages d’une surpénalisation du système judiciaire français. Avant, on était fier d’avoir pu affronter le système, d’avoir résisté aux pressions, d’avoir pu s’en sortir dans des situations dangereuses. Les journalistes étaient des relais du peuple. Ils allaient au front pour informer la population, allaient en guerre et prenaient des risques quasi mortels pour sortir des scandales politiques.
Aujourd’hui, quel concert de pleureuses j’ai vu. Politiques et journalistes, main dans la main, pour dire que la justice, RÉPUBLICAINE, n’est pas juste pour ce pauvre ex-journaliste qu’on a osé fouiller au corps parce qu’il n’avait pas répondu présent, trois fois de suite, à une CONVOCATION d’une juge d’instruction. Merde, la loi est la même pour tous, pour TOUS. Même lorsqu’elle est injuste voire stupide, la loi est la loi et aucune profession n’est au dessus des lois. Quand bien même on aurait traité ce cher ex gratte-papier de façon disproportionnée, on traite aussi des milliers de français de manière disproportionnée et il aurait mieux fait de dénoncer cette justice expéditive pour tous au lieu de japper pour ses petits privilèges de bourgeois spoliés.
J’ai honte pour les journalistes. Ils ne se rendent même plus compte que le système et eux ne font qu’un. Etre soutenus comme ils le sont par les politiques devrait les pousser à se remettre en cause. Ils ne sont capables de rien à part aller pleurer dans les jupons des politiques : Papa, Papa, on m’a tapé
J’ai honte pour ces journalistes et les français aussi. D’ailleurs, les français ne lisent plus ces journaux gangrénés par l'incompétence, le laxisme, la collusion, le népotisme et préfèrent aller sur Internet pour se faire eux-mêmes une opinion sur les sujets politiques ou d’actualités. Avec ce dossier Filippis, ils y iront encore plus. Tout journaliste serait honoré d’avoir une telle matière pour un article assassin contre le système politique. Surtout d’un journal de gauche.
Au contraire, toute l’intelligentsia s’est dressée comme un homme pour ce pauvre Fillipis et on a programmé la dépénalisation de la diffamation. C’est simple, maintenant, je propose pour tous les problèmes que vivent les français de les faire vivre par les bourgeois, politiques, journaleux, héritiers, bref les assistés du système, afin que l’on puisse avancer dans les changements rapidement. Une autre fouille au corps sur le fils d’un député ou un toucher rectal sur la femme d’un obscur sénateur et peut-être que demain, les policiers seront recrutés sur des critères beaucoup plus sélectifs. Vivement la prochaine pleureuse !
Magson de Pazou