Jeunesse désabusée
Par Magson de Pazou le mardi, novembre 18 2008, 14:44 - Teslaticules - Lien permanent
A 18 ans, je me voyais déjà en haut de l’affiche
A ma gauche une pute,
Sur ma droite une flûte
De champagne,
Une maison de campagne
Dans les hauteurs de Cannes
Et des caniches pour faire british
Des biffes avant que je cane
Vivre et cesser de faire l’autruche
Moi aussi, mes mains étaient faites pour l’or
Et demeurent dans la merde,
Mes panards chauffent le béton
L’herbe n’est plus verte,
Dans ma prairie pas de petite cabane
Pas de brebis, seules des galeuses en caravane
Comprends que je sois aigri,
L’histoire est écrite
Ma galère prescrite
A 20 ans, je me voyais à Bercy,
Aujourd’hui, son entrée m’est encore proscrite
Eternel moisi,
Je n’ai pas encore la une de Voici,
Mais voilà,
J’y viens, à petits pas,
J’attends mon heure
Et les minutes attendent les secondes
Demain ne meurt jamais
Et le monde ne suffit pas à contenir ma faconde
Toujours seul face à son destin,
Les printemps s’enchaînent
Et je cultive mon jardin
Fruste inconnu à l’avenir illustre,
Je regarde l’avenir et le futur me guette
Dur à la tâche,
Dans l’armée, je serais goumier
Pas armé, je reste un grumier,
J’avais vu le panthéon,
Je n’ai même pas été au Téléthon
Crevé des thons toute ma vie,
Au mieux, je finirais avec Nothomb
Sur ma tombe,
tel est pris qui croyait prendre
J’avais envie; d’autres en mourraient
Je ne suis pas un loser,
J’ai rêvé comme des millions
Certains y ont consacré toutes leurs vies
Chacun la sienne, face à des génies
On demeure des brouillons
A 23 ans, je me vois dans la glace
Sur le dos un mur
Sur le mur, un texte
M L de passage 19 – 80 septembre 28
Et tes illusions s’estompent,
Le présent; la cellule, le zénith; ton parloir
Pour un rien tu succombes
C’est cellules grises au hachoir
Réfléchir devient un luxe
A 24 ans, je me voyais au Ritz,
Sur ma tête une chatte
Sous ma tête, une chatte
Je me voyais sur les pistes
Seul à bâtardiser la neige de Chamonix
En harmonie avec ma bourse
Et mes bourses
Je ne suis pas obsédé
C’est qu’ici, je ne peux pas me permettre de céder
En tête de course,
Là-bas, j’ai longtemps semé
J’ai longtemps été,
Aujourd’hui, je me contente d’errer
Et célébrer ce qu’il y’a à fêter
Ma situation me navre, déboiter des culs testiculés n’a rien de marrant
Alors ma main me sert de vagin et mes neurones de stimulants
Plus que ma tête pour bander
A 25 ans, je me voyais sur une starlette entrain de flamber
La vie m’a plombé, la taule blindée
Et de mes rêves de grandeur ne demeurent qu’un cerveau glandé
Magson de Pazou
Commentaires
toujours intéressnt tes billets :) "dans ma prairie pas de petite cabane pas de brebis" : ça m'a quzlque peu fait sourire :) bonne conntinuation !