Je verrais à travers tes yeux, petit
Ce que je n’ai pas pu réaliser dans cette chienne de vie
A l’article de la mort, j’ai plus qu’un seul défi
Te transmettre ma version avant que les langues se délient

Demain tes rêves seront les miens car pour moi c’est foutu
Je voulais conquérir le monde avant de rejoindre ma tombe
Conquérir le monde pour mon peuple qui succombe
Représenter parce qu’on crève tous à la longue
Je me suis battu à coups de gueule, de poings et de langue

Avant que s’étale le linceul,
Petit, saches que t’es pas seul, t’es pas non plus le seul et les écueils qui t’escortent
Tu les affronteras dès le seuil de ta porte, vivre et non survivre c’est ça qui importe
Vivre dans cet environnement funeste qu’on supporte tous
Bien ou mal à toi de choisir ton camp moi je tiens la porte

J’ai choisi le mien pour donner un sens à ma vie
Depuis longtemps
Depuis que j’ai vu la burka blanche du Ku Klux Klan
Le monde est funeste
Haine et bassesses sont fléaux comme la peste
On meurt jeune sans avoir réalisé ses rêves
Et les histoires vraies prennent des allures hollywoodiennes
Dès le berceau, n’y a plus de trêves

J’aspirais au respect, la paix un lointain souvenir et Babylone se branle sur mon avenir
Pessimisme ou réalité ? J’essaie de te donner les armes
Petit, ouvres ton âme et laisses passer la lumière ici c’est Gotham
Gotha, les go craquent sur les godes,

Machiavel sur le macadam
Demain est sombre, petit te fais pas d’illusions
Ne te laisses pas berner par la TV
Réfléchis avant de donner ton opinion
Charges ton CV,

Ouais il en faut beaucoup dans un cerveau
Pour trouver un boulot sinon c’est marteau
T’es pas là pour ça, tu vaux mieux que ça
Les anciens ont subi ça

Pour toi je souhaite le nec plus ultra
Je ne suis pas un érudit
Juste un négro qui a vécu à crédit
Dans ce monde d’Arius je vous l’ai dit
Rêve de Crésus, de gloire et d’inédits

Du lieu-dit banlieue
Sur les bancs quand Ekondy fait du cash à mille lieues
Putain, on devrait faire des envieux mais ce n’est pas l’envie qui nous manque
Ici il y’a trop d’haineux, conjugues haine dans toutes les langues
Et ronfles dans leurs pieux

Moi je cause comme une pie
Rien à foutre des gens qui me trouvent prétentieux
Tacitement ma plume se tait quand il s’agit d’employer le mot « aimer »
Black out dans mon vocable, j’ai du mal à dire je t’aime
Préfères laisser ma haine gangréner,
Les chansons à l’eau de rose nous polluent la teuteu avec la même rengaine
Et les pédés se plaisent dans leurs gaines
Moi je dégaine parce qu’il devient trop facile de dire je t’aime

Galvaudé par les benêts élevés aux caresses
L’amour paresse la haine intéresse
Alors je criai ma haine à l’excès, Cupidon m’agresse
Je crève l’abcès, dans mes accès de rage
J’espère que tu vois tout l’amour que je te porte...

Magson de Pazou