Je t’aimerai quand tu seras morte, Lucille,
Je reste lucide de la sorte
Je me protège de tes attraits
Aujourd’hui, ton cancer m’insupporte

J’imagine donc que je ne pourrais apprécier que ton avant et ton après
J’avoue ma couardise, que veux-tu ? Ne suis pas prêt à payer le prix,
Et de tes chimio, j’en garde un profond plaisir,
De la morphine doc, que je puisse encore rejoindre Morphée,

Cette maladie ne fera pas de moi un homme preux,
Nombreux sont les fils, les veines, sparadraps dans ces corbeilles
Nombreuses visites m’écœurent, mes peines, de la merde sur les draps, je veille
Et ces gens me parlent d’amour et de dévotions

Chérie, crèves ! Tu pompes mon air,
J’aspire à la paix et leurs saines émotions justes m’exaspèrent,
Obligé de tirer sur la trique car t’est trop vilaine,
Depuis peu je baise ta meilleure amie Monique, j’oublie tes migraines...

Magson de Pazou