[Prélude

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Je viens de découvrir que je suis visé par une plainte au bureau. Il y’a une fille qui a jugée qu’un homme n’avait pas tiré la chasse en allant aux toilettes. Ce qui me vexe dans cela c’est le fait, que j’y suis allé avant dans la matinée. Ce n’est pas moi. Mais bon, je suis le seul à le savoir. Et puis, j’ai voulu répondre au mail qui a circulé et aux allusions qui en ont découlées. J’en ai parlé à mon collègue. Et j’avais déjà commencé à rédiger mon mail où je demande si la merde avait un sexe (vu que le texte s’adressait aux hommes). Puis, j’ai réfléchi et j’ai compris que cela ne servirait à rien. Peu importe que ce soit moi ou quelqu’un d’autre, j’étais le candidat idéal : toujours hors du troupeau, peu concerné par le groupe, la flagornerie, les jappements collectifs et toute la parade sociale qui pousse la brebis à vouloir toujours être dans le troupeau. Je suis forcément coupable puisque je ne suis pas avec les autres.
Je suis détestable car je ne suis pas avec les autres. Je suis mauvais car je ne m’inscris pas dans le groupe. J’ai compris qu’il ne servait à rien de vouloir se battre contre le groupe. Isolé, vous êtes forcément suspect. Et personne ne veut s’associer à un pestiféré. Je suis maintenant convaincu que j’aurai des ennemis jusque dans le cercle le plus restreint. Mais je comprends les membres du troupeau. Tout faire mais ne jamais s’exclure. Je démarre ma carrière professionnelle de la manière la plus dure qui soit mais contrairement aux autres bannis, j’apprécie ma mise à l’écart. C’est vrai que j’ai rarement été un suiveur dans la vie et que j’ai beaucoup trop de respect et de dignité pour moi pour me laisser entraîner par la masse.

Les cheulas sont toutes là et finalement j’ai compris leur attitude. Ils ne me connaissent pas. Ils savent que je ne veux pas les connaître et cela leur donne le droit de me détester. D’ailleurs je comprends parfaitement qu’on réponde au mépris par le mépris. Sauf, qu’ils aimeraient que je sois avec eux. Car je leur renvoie à la figure leur propre attitude de veau. Alors pour mieux se venger, ils se coalisent et véhiculent leurs moqueries. Ça les rassure vu qu’ils ne feront jamais de conneries. En tout cas, la meute la leur pardonnera facilement. Pas facile d’être une chèvre. Et je tire finalement de cette aventure une leçon : je pourrai faire tout ce que je veux, je serai toujours coupable. Et donc, se justifier ne sert à rien. Leur parler ne sert à rien. S’énerver c’est leur donner raison. Le pouvoir du nombre. Parce qu’on est nombreux, on a forcément raison. Ce qu’ils sont cons.

Finalement, il s'agissait d'un autre plouc. Dieu me garde de chier au boulot dorénavant !

Magson de Pazou