Killers incorporated
Par Magson de Pazou le mardi, novembre 18 2008, 14:11 - Humeurs - Lien permanent
[Prélude
http://www.dailymotion.com/relevance/search/the+verve/video/x299p4_the-verve-bitter-sweet-symphony_music]
Et maintenant que je passe pour ne plus être con depuis que j’ai eu un boulot, j’ai décidé de l’afficher : je vais au boulot à vélo
Il y’a un jeune homme qui est mort dans mon bâtiment et je ne sais pas très bien ce qui me révolte. D’un côté, il a été tué par balles pour des raisons pas encore connues dans un passage fréquenté par les jeunes vers minuit. Ils étaient en groupe et se sont faits surprendre par un tireur isolé qui s’est cru aux USA. Il a d’abord balancé un gaz aveuglant puis il a tiré au jugé. Bilan : 1 mort 2 blessés.
Devrais-je plaindre le mort ou plaindre le tireur ? Après tout, que foutait-il à minuit dehors ?
D’autre part, j’ai beaucoup d’affection pour ce jeune homme qui était très gentil, toujours souriant et affable. Grande perte. Mais mon esprit ne peut s’empêcher de cogiter sur la survenance de ce genre de faits divers.
Tuer ou être tuer, mourir ou se mourir, que veux tu que je dise ? J’ai rien à dire sinon que c’est lamentable. Méritait un autre destin.
Pee wee gaskins ou la revanche des salauds. Des heures à chasser sa proie et des jours pour la faire souffrir et finalement la tuer. On danse avec les loups depuis la nuit des temps et les meilleurs tueurs nous fascinent par leur capacité à dépasser l’horreur. Serial killer, une caste de fous exaltés qui ont commis sur leurs congénères des traitements que ces derniers ne rêvent même pas d’exécuter. J’aime la vie mais Desalvo me fascine.
Cet obsédé sexuel qui a tué pour assouvir la passion dévorante pour la chair. A la base, il y’a très souvent une question de mauvais traitements dans l’enfance, de déconsidération, et de rejet. Je pense à tous ces petits garçons qui me regardent d’un air désespéré dans la rue, apeuré, moqué, insulté, je pense à toi petit, qui se fait battre tous les jours par ton beauf, violé par ton frère comme le gosse d’un député extrême dont je ne citerai pas le nom, humilié par ta propre mère qui te considère comme une erreur de parcours. Je pense à toi petit malheureux qui regarde passer les hivers et les étés les jambes dans le plâtre, les ecchymoses sur le corps, des creux sur la tête, la tête écervelée, ton avenir, notre passé. Je pense à toi jeune homme et je me dis que si la nature devait encore de faire vivre toutes ces atrocités, tu finirais par devenir Ed Gein, Bundy, Paulin, ou encore Dahmer.
Certes la vie est dure, mais face à l’atrocité que peuvent vivre certains mioches, nous ne devrions pas nous étonner de les retrouver dans nos prisons de haute sécurité. Question d’amour ; question d’espoir. De là à les plaindre, il y’a tout un chemin. Mais oui, on ne naît sûrement pas tueur en série. On l’est déjà avant, dans nos gênes. Tuer comme acte d’amour. Car c’est en effet leur manière de nous dire je t’aime, regardez-moi, je vis, je suis parmi vous, je suis de vous. Tuer pour exister.
Les tueurs en série me fascinent car finalement, j’arrive à comprendre leur état. J’arrive à comprendre la genèse de leurs comportements amoraux. Ils n’ont pas toujours eu les limites. La vie est dure même pour les tueurs en série. Alors, comme tout un chacun, j’observe mon voisin et j’essaie de retenir des indices qui me permettront de dire qu’il était bizarre, gentil, bien intégré mais calme. Je me méfie des gens car l’enfer c’est les autres. C’est l’autre qui nous pousse à être ou paraître. C’est toujours l’autre, l’enfer. Alors, je veux être moi et profiter de mon manque de désirabilité sociale pour faire tout ce que je veux.
Magson de Pazou