[Prélude
http://www.youtube.com/watch?v=fwi6-4vNReA&feature=related]
Trop petits, trop faibles, trop communs. Il faut se rendre à l'évidence; nous ne suivrons pas. A ce rythme et dans cette configuration, nous ne survivrons pas! Davvero, nous sommes déjà des cadavres ambulants. Des morts-vivants que la mondialisation n'a pas encore exterminée par contraintes humanistes. Je vous parle de l'Afrique mais je vous parle surtout de mon Afrique, la noire. Celle-là même qui subit de plein fouet tous les affres de ce capitalisme désinhibé. Nous sommes foutus! Nous sommes foutus parce que nous n'avons pas assez décollé.
Je ne doute pas de notre capacité à sortir du marasme économique post-colonial dans lequel nous sommes empêtrés pour des raisons socio-politiques évidentes. Je ne doutais pas plutôt. Il nous aurait fallu du temps. Le temps de faire des fautes et grandir. Le temps de maturer. Nous avons bien avancé depuis les années d'indépendance et beaucoup plus vite que nous ne le croyons. Il a fallu absorber le poids de l'histoire et bâtir sur un socle social, économique et politique quasiment inexistant des pays qui certes, ne sont pas des cadors économiques et c'est peu de cas de le dire, mais des pays qui apprennent et surtout apprennent vite.
En 50 ans, nos populations ont subi mille et une révolutions culturelles, politiques, économiques, sociales, comportementales, sociétales. Et les résultats sont là. Autosuffisance alimentaire, système éducatif organisé et plutôt efficace, système de santé en fort développement. Les constats d'échecs sont bien évidemment plus nombreux, plus visibles, probants et en aucun cas, il ne s'agit de se réfugier dans un cocon idéaliste pour fantasmer notre quotidien. Je vous parle du Cameroun, ma femme. Je vous parle de mon pays.
Il pleut de la souffrance sur cette terre fertile et ce 365 j/100. Je n'ai plus les épaules pour être noir. Encore moins pour être africain. C'est si dur ! S'endormir avec amertume, rêver de vengeances et se réveiller dans la haine, telle est ma réalité, bien triste et routinière. Et à l'horizon, l'horizon. Rien de nouveau sous les cernes sinon la même haine, les mêmes rêves de vengeances, la même amertume.
Nous sommes condamnés à être derrière comme les fesses et à nous faire enculer. La mort serait une délivrance si j'avais l'impression d'avoir exister, d'avoir compter. Mourir serait l'ultime humiliation. J'ai encore la tête, les bras et les pieds pour être camerounais mais je perds la foi. Inexorablement, je perds la foi en un futur radieux pour les miens. Je n'y crois plus vraiment. Nous ne pouvons pas nous replier sur nous et espérer réussir, seuls. Entourés de faibles et faibles, même forts parmi les faibles, nous sommes condamnés. L'union fait la force, souvent. Très souvent car pour nous, un patchwork d'États faibles a fait la CEMAC, une stèle d'argile.
Il faudrait une telle somme de cataclysmes pour arriver à reprendre la tête du cortège des nations. Ceux qui rêvent de voir les cartes rebattues ne seront plus là pour jouer. Les armes de destruction massives auront pour cibles privilégiées les faibles car il faudra faire de la place dans cette planète. Ils pourront toujours tirer, s'excuser et créer une nouvelle terminologie meurtrière : hécatombicide, crime contre la planète, commémorations et basta. Qu'ont-ils à perdre ? Des bamboulas ? Des pakatous ? Des bougnoules ? Au final, vous ne serez plus là pour gâcher la vue.
Je rappelle aux âmes sensibles que des scientifiques sud-africains pendant l'apartheid, auraient essayé de créer une arme biologique négrocide. Certaines âmes mal intentionnées disent d'ailleurs que le SIDA est le résultat de ces essais. D'où la définition Syndrome Inventé pour Détruire les Africains. Coûteux le constat d'échec !
Comme la France qui rêve d'immigration choisie, le Cameroun doit faire une union choisie. S'associer, oui. Avec des pays ayant un vrai potentiel, oui. Nous ne sauverons pas l'Afrique et encore moins, tous les noirs. C'est terrible à dire mais le Cameroun n'a de chances de développement que dans un ensemble plus solide et moins vaste, constitué avec la République Centrafricaine et le Gabon. Nous devons refonder notre histoire. En être les maîtres. Nous devrions créer un nouveau pays. Une nouvelle géographie.
Au bout de 50 ans, il est temps pour nous de nous construire une véritable histoire qui ne soit pas adossée sur la colonisation, mais qui marque notre volonté de nous élever et de nous définir une vie, une vision et une certaine idée de notre pays. Le Cameroun doit mourir. Le Cameroun est condamné à mourir. Car, le Cameroun n'est pas mon pays mais l'héritage du colonialisme. Le territoire est le mien. La culture est la mienne. Cette zone est mon pays. Le Cameroun, une émanation de dépendance, de notre soumission, un nom. Des crevettes. Une putain de rivière de crevettes. Nous ne pouvons pas réécrire l'histoire. Notre indépendance nous a été arrachée. Nous ne sommes pas libres, nous sommes en sursis en attendant que les blancs décident soit de nous laisser crever progressivement comme les tasmaniens, soit de manière plus abrupte comme les habitants de Nagasaki en 45.
En nous associant avec ces pays, nous pouvons tous les trois décider de notre destin, de notre histoire. Le Cameroun pour la population et le dynamisme régional, Le Gabon pour la rente pétrolière et la Centrafrique pour le territoire. Ensembles, nous avons une chance.
Nous sommes des peuples hétéroclites, ayant des frontières communes, nous parlons la même langue française et notre histoire est semblable. Nos frontières ne sont d'ailleurs que des tracés d'explorateurs esclavagistes et d'accords occidentaux. Qu'avons-nous à perdre ? Le Cameroun; la rivière des crevettes, l' Oubangui-Chari ; la République centrafricaine, le Gabon ou le caban.
Qu'avons-nous à perdre de 50 ans de néo-colonialisme ? Notre identité ? Elle n'est pas si homogène dans ces ensembles actuels, le tribalisme attestant de ce repli communautaire. Nous pouvons encore décider de notre nation.
D'abord, dissoudre le Cameroun, le Gabon et la Centrafrique dans un pays, les faire fondre dans un ensemble plus solide et mieux armé.
Ensuite, abandonner cette abstraction qu'est la démocratie qui n'est pas encore la solution pour nos régimes. Nous assistons depuis l'imposition de ce modèle en Afrique à un simulacre. La pratique quotidienne en France de la démocratie m'a poussé à constater qu'elle n'était qu'un fin habillage permettant une domination plus pérenne des masses par les mêmes élites qui s'enkystent, s'embourgeoisent et se reproduisent. La démocratie se targue de permettre à tout un chacun d'arriver au sommet de l'échiquier. Aux USA, le modèle, les sélections sont pécuniaires et élitistes. Nous n'avons pas de temps à perdre en singeries et simagrées. Il nous faudrait nos pères fondateurs. Au point où nous en sommes, je ne crains plus les monarchies despotes africaines. Si elles pouvaient au moins être dignes de leur besoin d'estime ! Le népotisme, la loi d'airain, le cumul et fossilisation ont cramé la démocratie. Il serait judicieux d'inventer notre modèle basée sur nos traditions et les apports de la civilisation.
Quelques pistes pour asseoir ce modèle :
- La prépondérance de l'armée comme en Turquie pour garantir les élections
- Instauration du service militaire à 18 ans durée de 2 ans ; actif ou volontaire ( soit on s'entraîne, soit on est volontaire pour les constructions d'infrastructures pendant 2 ans)
- Corps de militaires spécialisés dans le génie militaire et l'ingénierie mécanique et issus de toutes les zones
Pour l'exécutif,
- Un président élu au suffrage indirect tous les 7 ans par le collège de gouverneurs des régions administratives créées. ce président est issu des rangs des gouverneurs
- Créer un conseil constitutionnel formé strictement de juges (3), de militaires (4) et de gouverneurs (3) au nombre de 10 élus pour 10 ans non renouvelables. Ils sont la plus haute institution étatique et seuls peuvent démettre le président et voter la guerre. Le président en nomme 2 au moment venu. Les autres sont issus des rangs militaires et les gouverneurs des partis politiques.
- Un parlement composé de 300 députés issus de la société civile, renouvelables 3 fois tous les 5 ans. Découpage électorale en régions. Pas de Sénat, organe de fossiles ne servant à rien.
- Chaque région doit élire un conseil régional formé de représentants d'élus locaux, des maires de villes pour un mandat de 7 ans
- En région, il peut exister des partis politiques locaux.
- La constitution doit être courte et compréhensible par tous, formée de 12 articles maximum et garantit par l'armée
- Le patriotisme doit être exalté dans la vie du citoyen
Pour le judiciaire,
- Nous avons hérité du système français, il demeure aux juristes de déterminer le système le plus adéquat
- Les prisons doivent être construites dans les zones frontalières et les prisonniers doivent travailler. Ce sont des camps de travaux pour les crimes de droit commun.
- La peine la plus longue sera de 15 ans et la plus dure, la peine de mort volontaire. Les condamnés sont fichés et suivis. A la fin de leur incarcération, une partie de leur travail leur est restituée pour se réinsérer dans la société civile
- Système judiciaire dépendant du conseil constitutionnel uniquement
- Aucune discrimination ne doit exister dans les institutions. Pour des raisons de cohésion, il faudrait tolérer des écarts dans des fonctions stratégiques de l'État pour solidifier ses bases. Il faut néanmoins éviter le tribalisme et les concentrations ethniques par une promotion du mérite, du travail dans les étages inférieurs de la fonction publique
- La police et les pompiers sont des corps d'élites formés comme des gendarmes. Des militaires peuvent se transformer en policiers en fin de carrières. Idem pour les juges, les avocats et les huissiers.
- Les concours d'accès aux institutions sont centraux et limités
Pour l'économique,
- Conseil économique organise les infrastructures d'avenir du pays et oriente la stratégie d'investissement à long terme. Il est formé d'économistes, d'hommes d'affaires, de juristes, de militaires, et de représentants de partis politiques. Il est formé de membres permanents et d'intervenants externes qui font des rapports rendus aux ministres de l'économie. Le conseil audite le gouvernement et ses institutions dans ses missions quotidiennes.
- Pour les contrats économiques, pétroliers et miniers : nouveau pays, nouveaux contrats.
- Accepter tout système économique tant qu'il est à l'opposé de la manie du moment : l'écologie
Pour la société,
- Supprimer le cumul de mandats. Tous les dirigeants sont reversés dans la société civile après leur service
- Aucune carrière de fonctionnaires ne doit durer plus de 15 ans sans interruption sauf dérogation
- Tout fonctionnaire doit justifier de son enrichissement 15 ans après sa carrière sinon poursuites et prison
- La corruption est déclarée crime d'État : 15 ans de prison
- les seuls à avoir droit à la médaille d'honneur sont des militaires ayant commis des exploits ou des civiles ayant commis des véritables exploits de guerre ou économiques. Les sportifs et autres cultureux sont tributaires d'autres colifichets de moindre facture.
- Les salaires doivent être très corrects pour les fonctionnaires par contre, il doit avoir le moins de fonctionnaires possibles dans l'administration
- Aucune ONG œuvrant sur le territoire national ne doit être étrangère
- Créer des contre-pouvoirs locaux, syndicaux, politiques pour permettre au peuple de s'exprimer
- Respect des libertés individuelles pour les citoyens et les médias dans la mesure du possible
- Nous appuyer sur les langues officielles : Français - Anglais
- Pousser à la disparition des langues vernaculaires; il y' en a plus de 500. De toute façon, elles sont fichues. Autant les précipiter.
- Inciter au peuplement et à la migration vers la Centrafrique et favoriser la mixité entre les 3 régions par des lois et des incitations financières vers les autres régions. Mariages inter régionaux à favoriser et propagande culturelle.
Après tout, qu'avons-nous à perdre ?
Magson de Pazou